10000Visions

10, 000 Chroniques de Disques, Lives & autres.

Samedi 17 avril 2010 à 17:47

J’ai la soudaine envie de chanter la marseillaise. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui c’est jour de gloire et nous vous informons enfin que la musique est disponible dans les articles, et qu’en autre, le blog est maintenant en premium (non + mais c’est déjà ça) ce qui conduit à une refonte entière de notre site, à moitié entamée avec la réécriture et la re-mise en page de l’intégralité des chroniques en y ajoutant de 2 (si l’on prend Just A Poke) à 5 ou  6 plages musicales (The Wall ou encore 666.667 Club) en lecteurs rouges, avec le morceau considéré comme le meilleur de l’album, symbolisé par un lecteur bleu (comme ça, si ça vous emmerde d’écouter tous les morceaux sans trouver le chef-d’œuvre ultime, vous aurez qu’a vous fier aux couleurs. Reste plus que l’habillage, auquel il faudra redonner une certaine allure.

Sinon une révélation nous est venue suite à la création du nouveau blog de notre cher Amaury - qui laisse tomber son blog Mr Aura County  uniquement constitué de chroniques et de quelques bidules pour s’attaquer à un nouvel excellent recueil d’articles du nom de Mukhayyar mêlant concerts, découvertes, vie personnelle ou encore chroniques (avec la très réussie critique du « Voyage » de Pierre-Henry). Donc pour le lien, c’est ici. – et nous avons donc décidé de reformater notre blog, et lui donner une allure beaucoup plus personnelle (parce que les chroniques c’est bien beau mais faut savoir varier). « 60 cd pataponnesques » (qui aimerait bien changer de nom) sera dorénavant un blog musical, et non un blog constitué uniquement de chroniques même si Il y a aura évidemment toujours plein de chroniques, au fond c’était le but

Les articles ne seront donc pas forcément des chroniques d’albums ou de concerts, mais aussi de pauses musicales, de découvertes de groupes locaux, de profils, d’associations et puis même un ou deux trucs concernant ce qu’on fait musicalement dans la vie privée, comme par exemple la présentation de notre groupe de musique, que notre cher Guillaume se fera un plaisir d’en parler.

Il y aura aussi bientôt une page d’accueil classant alphabétiquement, chronologiquement, et par auteur chaque chronique écrite depuis la création du blog


Il ne vous reste plus qu’a Presser la touche PLAY. Bonnes (re)-découvertes à tous

Voici la magnifique "Casey's Last Ride" du FolkMan Kris Kristofferson, qui figure dans le film "J'ai toujours rêvé d'être un Gangster" réalisé par Samuel Benchetrit en 2007.

Kris Kristofferson - Casey's Last Ride [3:35]




Mine de rien, j’ai réussi à dire le mot « chronique » 8 fois dans cette annonce.
 
 

Mercredi 3 mars 2010 à 13:25

http://10000visions.cowblog.fr/images/PinkFloyd/aussiepinkfloyd.jpgThe Australian Pink Floyd Show
Le 22 Février 2010
Au Forest National (Bruxelles)
Durée : 3 heures
Membres : 10 australiens (1 chanteur, deux guitaristes, un bassiste, un batteur/percussionniste, trois cantatrices, un clavieriste & un saxophoniste).

  Je regrettais déjà de l'avoir manqué, "The Australian Pink Floyd Show". Au moment où il était passé à la cité des Congrès de Nantes (pour leur tournée "The Wall", c'est à dire jouer l'album de 1979 dans son intégralité puis 5 tubes "Wish You Were Here", "Money"...), mais à l'époque je n'étais pas aussi fervent des Pink Floyd, et ce n'était pas mon groupe préféré. Et puis je vois dans une alerte qu'il passent au Forest National de Bruxelles durant les vacances de Février (que je passe généralement dans une maison familiale proche de la frontière belge). Directement et sans hésiter, je prends deux places (je vais le voir avec mon père qui a vécu son enfance, adolecsence et vit sa postérité autour des Pink Floyd).
J'ai ma place, je vais y aller, je suis heureux... Puis ils prévoient de repasser à Nantes, et là je me sens un peu con. Enfin bon, ça m'étonnerait que je n'aille pas les voir deux fois.

Pourquoi? Parce que c'est incroyable, magnifique, il n'y a pas de mots pour le décrire. Ces "Faux" Pink Floyd jouent à la note près chaque morceau, et le show est tellement proche du live "Pulse" qu'offrait David Gilmour à la sortie de "The Division Bell". Ce concert est 10 fois mieux que tout ce que j'ai pu voir depuis ma naissance en matière de Shows.

10 australiens, deux guitaristes, dont un leader et chanteur à mis temps, un chanteur, un bassiste, un batteur, un saxophoniste, un Clavieriste au chapeau et cheveux longs noirs et barbe (faisant légèrement penser à Nick Mason, le batteur des Floyd) et trois magnifiques chanteuses dont une exceptionnelle faisant ses preuves lors de sa partie lyrique sur la magnifique "The Great Gig In The Sky". En plus de ça, un incroyable jeu de lumière accompagné d'un magnifique concept vidéo, reposé sur un écran en forme de disque, de la taille de la scène.
On peut ainsi profiter non seulement de la musique, mais aussi de la mise en scène et en particulier de la résolution de l'écran vidéo, projetant des images, animation et films en rapport avec l'ambiance du morceau.

Le concert commence par une animation avec un kangooroo, qui dort et qui se réveille, il se dirige vers son meuble de vynils, dans sa chambre (ornée de posters "Atom Heart Mother" "A Momentary Lapse of reason") puis prend doucement le 33T de "The Dark Side of the Moon". Tout le public, constitué d'étrangers comme des Néerlandais, britanniques ou Australiens crient "YEEEEAAAHHH"
Et l'action se répétera 3 fois pour les albums "Animals" puis "Wish You Were Here".

Le concert démarre donc par Dark Side, la première face du disque est jouée (en sachant que c'est dans cette face qu'est concentrée le meilleur du concert). A commencer par "Speak To Me" projetée pas à la note près, mais avec en décor des images en animation, un homme enfermé dans une chambre d'Asile, de l'argent, des caisses, des dollars (référence à Money) puis après une minute de bruitages synthésant toutes les thèmes abordés par l'album, le concert démarre sur la magnifique "Breathe In The Air". C'est trop beau pour être vrai, c'est trop vrai pour ne pas être beau. Les voix ont du être modifiées ou quelque chose! C'est à la note près! "Breathe In the Air, Don't Be Affraid To Care", d'entrée de jeu, les Australiens nous propulsent dans le Floyd grâce à leur musique et à leur concept vidéo. Ensuite ils enchaînent sur la "On the Run" projetant un diagramme, puis passant à "Time". Le chef d'oeuvre des Pink Floyd, leur apothéose. Tous ces bruits d'horloge, et cette montée psychédélique jusqu'a la partie vocale. Je ne pouvais pas y croire, et après la reprise de "Breathe", ils passent à "The Great Gig In the Sky". Comme je vous l'expliquai au début de l'article, une des choristes s'est avancée, et nous a fait part de sa voix phénoménale, allant a la note près, a la montée aïgue près de la voix enregistrée sur l'album.
L'apport du saxophone durant cette partie fut vraiment intéressante, car le saxophoniste alto avait un talent inouï

La face est terminée, le kangooroo se relève et sort "Wish You Were Here". C'est là où le public était le plus enthousiaste, de loin. En commençant par la fabuleuse chanson prog avec les 5 premières parties de "Shine On You Crazy Diamond". C'est bien là qu'on pouvait planer, avec cette montée Progressive qu'on espère éternelle, jusqu'au "Shine On You Crazy Diamond" chanté en choeur et de tout coeur par les Australiens.
Mais c'est après ces 13 minutes de Rock Progressif intensif, que se joua le morceau où le concept vidéo y était le plus original. Je pense à "Welcome To The Machine" morceau avec lequel j'ai pu me réconcilier, car je ne l'appréciais pas tellement avant ce concert. Les images étaient inquiètantes, montraient le système d'une machine, qui est plus précisèment un robot. Toujours en animation évidemment

La face se termine, le Kangoroo se dirige vers son meuble à vynils, et prend pour terminer la première partie du concert, "Animals"
Même si il est l'album le moins acclamé durant le concert, ce fut tout de même magnifique. Avec d'abord "Pigs on the Wing (Part One)" une courte chanson oscillant progressive et Folk à la sauce Pink Floyd. Puis enchaînant sur l'exceptionnelle "Dogs", morceau de 17 minutes. Sa justesse se caractèrisant par ses échos dans les voix modifiées au Talk Talk

Et c'est après ces deux magnifiques morceaux, qu'il est marqué "INTERMISSION". Le moment d'aller boire une bière et de faire une pause d'une demi-heure pour se remettre de cette première partie plus que magnifique. Si le concert s'arrêtait là, je serais déjà satisfait, mais ce n'est pas fini!

C
'est dans la deuxième partie que tout sera sureprenant. Notre fameux protagoniste ne se lève pas pour poser le dimant de sa platine sur l'album "The Wall" comme je l'avais imaginé. Mais non, il met des écouteurs et démarre une cassette.
Etonnant! L'Australian démarre cette deuxième partie par "Astronomy Domine" extraite de leur premier album "The Piper At The Gates Of Dawn" non enregistré avec David Gilmour mais Syd Barett.

C'était le premier morceau publié des Pink Floyd et bizarrement, l'Australian enchaîne sur la sensationnelle "High Hopes", le dernier morceau publié par les Pink Floyd. Dans l'album "The Division Bell", qui est mauvais par moments, mais des morceaux comme celui-ci ne s'oublient pas. Cette magnifique intro avec cloches et ces trois accords de piano. Et cette voix de David Gilmour chantant "Beyond the Horizons of the Place we Lives and we Were Young...". Et le concept vidéo était le même que celui que David Gilmour projetait dans son live Pulse. Emouvant, qui met mal à l'aise. J'avais la soudaine envie de chialer, mais je ne l'ai pas fait (je suis un homme, moi!)

Toujours dans "The Division Bell", "Take It Back" fut jouée. Un peu intrue dans ce live, mais bon que voulez vous...

Puis étonnemment, ils reviennent au début de la carrière du Floyd et nous offrent "Set the Controls For the Heart of the Sun" paru sur deux cultes de la période Progressive/Psychédélique de la fin des années 60, début des années 70 des Pink Floyd a savoir "Umagumma"  (dans une version plus longue de 9 minutes) et "A Saurceful Of Secrets". La projection vidéo, psychédélique évidemment, animant notre Kangoroo dans un paysage Egyptien avec Pyramides et tout le tralala.

Encore dans la période terminale des Pink Floyd, "Learning To Fly" parue dans l'album "A Momentary Lapse Of Reason" illustrant le nouveau Pink Floyd, celui reformé par David Gilmour. L'album est dans son emsemble mauvais, mais certains morceaux comme "Dogs of War" ou celles ci sont assez belles, surtout en live.

Puis ils reprennent des morceaux des albums qu'ils ont joués au début du concert : "Us And Them" de l'album "The Dark Side of the Moon", qui est un morceau que j'apprécie pas énormèment. Mais il est plaisant, et sa vidéo montrant des gens marcher dans la rue était agréable. Un bon petit moment qui m'a encore réconcilié avec un morceau des Floyd.
Et ensuite, LE morceau, celui qu'ils ne pouvaient pas éviter "Wish You Were Here" où toutes les femmes belges de la salle se sont mises à chanter les paroles. Le début fut quelque peu changer, car le changement des stations de radio fut plus long et plus hilarant. Vraiment magnifique, exceptionnel. Notre Kangoroo se retrouvait cette fois ci dans un désert, rencontrant l'homme au disque, qu'on peut trouver sur l'image à l'intérieur de l'album. Puis on pouvait voir des images de Syd Barrett et des membres des Pink Floyd réunis emsemble. Après tout, le morceau est un hommage à Syd Barrett
C'est là où j'ai compris que le concert soutenait le fait que Barrett a beaucoup apporté aux Pink Floyd, et que Roger Waters a eu tort de le foutre dehors.

RRRAAAAHHHH, qu'est ce que ça fout là! "The Final Cut" de Roger Waters, un morceau de l'album au titre éponyme, qui rendait hommage à son père. Autrement dit, l'album qui a séparé les Pink Floyd où Roger Waters a montré encore une fois son égoïsme en s'attribuant le succès à lui tout seul. Je ne suis pas contre le fait qu'ils la jouent, mais le morceau est une large copie de "The Wall".

Et là, et là
"One Of These Days" fait face, directement extraite de l'album "Meddle". Qui est mon album préféré des Pink Floyd, et cette chanson en est une de mes préférées. Pendant que la basse transportait le morceau, des yeux rouges apparaîssaient a côté de la scène. Et dès que le "One Of These Days, I'm Going Cut you into little pieces" modifié au vocorder. C'EST LA, qu'appaaît un géant Phacochère gonflable qui fait trois fois la taille de la scène, et qui bouge et va et vient dans le public. Ses yeux rouges illuminent la salle. Et il se trouve que c'est le même que la tournée Pulse de David Gilmour. Tout simplement incroyable.

Evidemment, le récent classique pas très visité c'est "The Wall". Alors pour terminer le concert, l'Australian Pink Floyd Show enchaînera les 4 meilleurs morceaux de "The Wall". A commencer par "The Happiest Day Of Our Lives" 
qui démarra, par une lumière venant du plafond et éclairant le public comme un hélicoptère, car rappelez vous, le morceau démarre par des bruits d'hélicoptère
C'est surêment à ce moment là que tout s'est joué, le concept vidéo transformait en animation le film "The Wall" (c'est à dire les enfants avançant dans un système escalator les menant à de la chair à paté). Puis passant à "Another Brick In The Wall Part II" où le Public chanta en refrain "We Don't Need No Education".

Le magnifique est arrivé, la sensationnelle "Comfortably Numb" où le chanteur est arrivé en médecin avec un stétoscope. Et le guitariste nous fait part de ses deux solos, dont celui finissant le morceau, qui est indécrivable tellement sa puissance (que ce soit dans les aïgus ou les graves) nous fait pleurer et nous fait penser au film encore plus émouvant que le morceau.
Et pour terminer ce concert impeccable, les Aussies nous jouent "Run Like Hell" où ils se sopnt arrêtés en plein morceau pour énerver le public, pendant 30 secondes. Et c'est là que le chanteur arrive habillé en nazi et nous répète le discours faciste de "The Wall". Un peu ambigü lorsqu'il demande s'ils y a des Juifs, des nègres ou des Gays dans la salle. Mais bon, ça restait dans l'esprit

Sur cette note, le concert se termine par "That's End Folk" sur l'écran comme dans les cartoons australiens. Le public est époustouflé et redemande l'australian qui se fit rappeler a maintes reprises. "Thank You and See You Soon!"

"See You Soon" qu'ils disent... Et bien ça m'étonnerait pas que j'aille les revoir. Si leur prochain concert à Nantes n'était pas la veille de mon Brevet Blanc, je serais bien allé les revoir un mois après.

J'ai passé les trois meilleures heures musicales de ma vie. Ces Australiens ont réussis à faire ressentir la puissance de la musique des Pink Floyd dans toute la salle. Ce live était une sorte de subitil mélange entre le Live at Pompéï, Delicate Sound of Thunder et Pulse. Surtout avec ces lasers verts qui transpersaient la salle en nous aveuglant. Et puis ce Jeu de lumière, ce concept vidéo, cette mise en scène, ces musiciens et chanteurs/chanteuses tous aussi bons les uns que les autres, cette playlist alliant Psychédélique et Progressif, partant du tout début et arrivant à la réelle fin de mon groupe préféré tout en reprenant les classiques, variée et accesible à tous les inconditionnels.

Le Public était varié aussi, soit des simples fans chantant sur "Wish You Were Here" ou sur "Another Brick In the Wall", des gros fans connaissant tous les moceaux par coeurs. Ou ceux à fond sur Roger Waters, comme le gros australien devant moi, chantant que sur ceux écrits par Waters, et portant un T-Shirt "Roger Waters Tour 2008"

Manque peut-être un "Echoes", un ptit commercial "Money" et puis surtout des morceaux de l'album d'"Atom Heart Mother" et de "Obscured by Clouds. Mais qui sait, ils doivent préparer un nouveau live concentré dans la fin des années 1960/début des années 1970 avec Atom Heart Mother/Umagumma/Meddle/Obscured by Clouds, du moins je l'espere.

L'anthologie des Pink Floyd par Excellence. Inoubliable...


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Voici une vidéo expliquant parfaitement bien ce que je vous ai raconté, quand ils ont joués "Time" avec le concept vidéo, les lasers verts... ect même si leur prestation dans cette vidéo est moins bonne que ce que j'ai vu de mes yeux.
Allez voir le concert, vous ne le regretterez pas.




























Voici quelques liens avec des morceaux différents qu'ont joués l'Australian au Forest National, donc ceux auquels j'ai assisté

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Comfortably Numb
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The Happiest Day Of Our Lives/Another Brick in the Wall

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The Great Gig In the Sky
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Wish You Were Here
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Breathe In the Air


Bonne découvertes!


Jeudi 25 février 2010 à 11:32

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Jethro Tull - Aqualung (1971)
Par Brieuc
Jethro Tull était et reste encore une bande de chevelus du rock progressif, décrivant certains aspects de la société, comme l’hypocrisie ou l’avarice tout en dénonçant la religion organisée (sectes). A l’époque, il était composé du grand Ian Anderson : chanteur, flûtiste (traversière) et guitariste acoustique (un grand artiste complet en somme, sans qui Jethro Tull ne serait pas grand-chose) ainsi que Martin Barre aux guitares électriques, John Evan aux claviers (Orgue, Piano, Mellotron), Jeffrey Hammond à la basse et Clive Bunker à la batterie.

La musique de Jethro Tull, est d’alterner des mélodies Folk avec des sonorités médiévales tout en la rendant progressive. Elle caractérise surtout par un point : les solos de flûte traversières que nous offrent Ian Anderson en plein morceau, ce qui nous rappelle vaguement les débuts de King Crimson.

Après Stand Up (1969) qui est un très bon album que j’ai hésité à vous chroniquer (car il contient de bons titres comme le classique de Jethro Tull : « Bourée ») et Benefit (1970) qui restent tous les deux dans un répertoire marqué par les origines Blues du groupe, apparaît en 1971, Aqualung. Et là, le groupe va carrément devenir un des leaders du rock populaire en ce début de décennie, alors que la concurrence est particulièrement rude.

L’album est composé en deux parties à savoir Aqualung puis My God. Ma préférée reste toujours la première. Non seulement pour ses titres différents et originaux des uns des autres. Comme le titre ouvrant l’œuvre, au titre éponyme de l’album : Aqualung, qui démarre durement par des sonorités Hard-Rock dues aux riffs de guitare de Martin Barre. Mais si on ne se fie qu’a la première minute, on n’entend pas le véritable esprit du morceau. C’est dès le 2e minute que le rythme change, et on tombe sur une ballade Guitare Acoustique/Piano où Ian Anderson murmure des paroles dans une sorte de mégaphone. Puis à la 3e minute, on passe à du vrai Jethro Tull, mélangeant les styles différents des deux premières minutes. Et le morceau dure 6 minutes trente. On nous offre un solo de guitare électrique. Dans les deux dernières minutes, on retrouve les mêmes mélodies que les deux premières mais inversées. Le morceau termine donc sur une touche ballade puis sur une touche Hard-Rock. On peut donc remarquer sa structure.

Mais la meilleure de l’album reste le second morceau Cross-Eyed Mary, qui démarre par une intro limite inquiétante par ses montées magnifiques de flûtes traversières pendant une minute. Et on passe à un génial rock digne du Tull puis un excellent solo de flûte traversière suivit d’un solo de guitare. Leur morceau le plus construit et le plus recherché musicalement

Puis après une joyeuse petite ballade Folk (Cheap Day Return) on a un morceau toujours joyeux Folk, Mother Goose mais cette-fois ci caractérisée par sa Flûte traversière omniprésente, Wond’ring Aloud toujours dans la même lignée mais sans la flûte. Et on termine la face, avec le morceau le plus jouissif de l’album réunissant Médiéval, Folk, Hard Rock avec solos de Martin Barre et de Ian Anderson à la flûte : « Up To Me » qui résume le plus le style de l’album. La première face est nettement meilleure que la deuxième, mais cela ne veut pas dire que la deuxième est mauvaise. Au contraire « My God » est très baroque voire même plus ambitieux.

Le premier morceau de la face My God est découpé comme  Cross-Eyed Mary, mais je préfère cette dernière. Même si la flûte, la guitare (façon Led Zeppelin) et le piano y sont sublimes. Puis passe à une partie quelque peu instrumentale accompagné par un cœur qualifiant son style de baroque, servant de décors à la partie flutiste. Avant qu’Ian se remette à chanter avec le style Hard du milieu de la chanson.

Très rock, très entraînant et très électrique : Hymn 43, change le genre, et finit en Crescendo. Puis après une courte ballade Folk (SlipStream), on repasse à du rock éclectique avec Locomotive Breath, un tube aux Etats-Unis. On finit l’album avec un morceau créant de manière talentueuse, un épilogue voire même une synthèse de l’album. Wind Up montrant que le groupe est dans une inspiration de tous les instants, combinant toutes les influences du groupe.

Mais cette voix ! Celle, presque nasillarde d’Ian Anderson, clamant des textes, qui se font particulièrement incisifs, riches et percutants, évoquant l’histoire d’un clochard exhibitionniste ou adressant une critique aussi féroce que judicieuse à la religion organisée et ses malsaines hypocrisies.

Ce dernier thème nourrit en fait l’essentiel du propos des 5 derniers morceaux. Certains s’empressent alors, de qualifier Aqualung (au grand dam d’Anderson), de considérer cet album comme concept qu’il ne l’est évidemment pas. Le flûtiste/chanteur écrira alors un vrai, un long, gonflé d’ambition et de complexité musicale. Thick As A Brick, un excellent album composé de deux morceaux, se traduisant par « Bête comme ses pieds ».

Quand Progressif et Médiéval font bon ménage.




Jethro Tull - Aqualung [6:37]

Jethro Tull - Cross-Eyed Mary [4:09]

Jethro Tull - Up To Me [3:15]

Vendredi 19 février 2010 à 18:54

http://10000visions.cowblog.fr/images/Pochettes/tonightsthenight.jpg
Neil Young - Tonight's The Night (1975)
Par Brieuc
Il y a certains artistes, que j'aime encore plus chaque jour passant. On peut compter les Pink Floyd, King Crimson, Yes mais surtout Neil Young. Il a une de ces capacités, à faire des choses différentes, changer d'humeur, de style, de voix (même si elle reste exceptionnelle à l'oreille). Ce qui donne un registre audible par tout le monde, et personne pourrait rejeter un bon vieux 33 T du old-school Neil.

"Tonight's the Night" est le sixième album solo du grand Neil, il a été enregistré à Reprise Records (sa bonne vieille maison de disques) en 1975. Après enchaîné les succès de "After the Gold Rush" ou encore "Harvest" puis après le live "Time Fades Away" issu de la tournée du même nom, la sortie de l'album "On the Beach" est remplacée par "Tonight's the night"

Mais Tonight's the night est de loin, l'album le plus noir, le plus sombre et le plus triste de Neil Young. C'est justement ce qui donne son charme. En 1974, Neil Young est choqué par la mort du guitariste de son groupe (Crazy Horse) Danny Whitten, décédé d'une overdose.
Pour la petite histoire, Neil Young savait que Danny ne serait pas bon pour la prochaine tournée qu'il organisait. Il lui a donc donné un billet de 50 dollars, pour qu'il puisse rentrer chez lui par avion. Danny achète avec cet argent, de la drogue qui le conduira à la morgue.
Comme si ça ne suffisait pas, le roadie de Neil, Bruce Berry décède d'une overdose d'héroïne dans la même période.

Perdant deux membres de son équipe, Neil Percival Young décide d'enregistrer un album à leur mémoire, pour leur rendre hommage. Il décide de nommer son album "Tonight's the Night".

En référence au morceau en deux parties "Tonight's the Night" qui se situent au début et à la fin de l'album tels "My My Hey Hey" et "Hey Hey My My" dans l'album "Rust Never Sleeps".Elle est exceptionnellement en hommage à Bruce Berry. On le remarque par ses paroles "Bruce Berry was a Working Man, He use to load Econoline Van. A Sparkle was in his eyes, But his Life was in his hands" ("Bruce Berry était un travailleur était un travailleur, il chargeait son fourgon Econoline, une étincelle était dans ses yeux, mais sa vie était dans ses mains")
Ce morceau est joué au piano par Neil Young (car non seulement d'être un brillant harmoniciste, chanteur et guitariste, c'est un brillant pianiste) accompagné par une collaboration des Crazy Horse (avec à la basse Billy Talbot et aussi Ralph Molina à la batterie).
Ces deux parties quelques peu progressives, sont réunies en une chanson, avec cette expression qui demeura dans la légende de Neil Young

J'accroche encore plus avec les morceaux suivants : "Speakin Out" où Neil Young continue à maîtriser le piano, puis on enchaîne avec "World on a String" plus dans le style Crazy Horse dans la continuité des guitares. 
Mais après la magnifique "Borrowed Tune" où Neil joue en solo, du piano tout en chantant puis en jouant de l'harmonica : "Come On Baby Let's go Downtown" morceau spécialement dédié à Danny Whitten. Elle est extraite d'un live au Filmore East, où jouaient les Crazy Horse (Ralph Molina, Bill Talbot...) et Danny Whitten y chante. J'aime beaucoup ce morceau pour son esprit Grateful Dead. Car, cette prestation et cette musique me font extremement penser à celles qu'offraient les Grateful Dead lors de leur passage au Filmore West, jouant "St Stephen". La structure musicale et les choeurs sont presques les mêmes. Et la voix de Danny Whitten, passant après celle de Neil est carrêment géniale. Il tire sur ses cordes vocales et chante grave.

A partir de ce morceau, l'album prend une nouvelle dimension, et la face 2 contient plusieurs morceaux qui ont chacun un esprit ou un registre différent. Juste après ce morceau, on a "Mellow My Mind", magnifique morceau où Neil peine à souffler dans son harmonica et à chanter. Il se trompe, il va trop dans les aïgus et il est fatigué comme je ne sais quoi. Je pense plus particulièrement, au passage de 1 minute et 12, 13 secondes, où Neil se casse royalement la gueule, en essayant de chanter le refrain au plus haut. Ca fait rire, mais au fond c'est horrible. "Mellow My Mind", qui est dans un registre plus Harvestien (ex :Heart Of Gold), est le morceau qui représente le plus la peine et la tristesse qu'a ressenti Neil, lors de l'enregistrement de son album.

Le morceau suivant est "Roll Another Number (For the Road)", plus dans un registre Country style "Are You Ready For the Country?". Le genre de morceaux, dont je ne suis pas particulièrement fan, mais c'est toujours un plaisir d'en entendre un du genre.
Puis on enchaîne avec ma préférée de l'album : "Albuquerque", au nom quelque peu horrible, mais au contenu magnifique, sorte de mélange entre les solos de Dead Man avec Lapstyles et une touche d'Harvest.

Je ne vais pas m'étendre sur des années lumières, mais les morceaux qui suivent sont tous différents. On a la ballade intimiste ("New Mama"), le Rock Crazy Horsien ("Lookout Joe"), et une veine classique ("Tired Eyes") puis on termine comme je l'ai décrit au début de l'article, avec la deuxième partie de Tonight's the Night.

Cet album de 12 pistes pistes est exceptionnel. Car il montre une face cachée de Neil Young : Triste, Obnubilé, abattu, fatigué, à la limite de la non-chalance (c'est d'ailleurs pourquoi la maison de disque a d'abord refusé que l'album paraisse, pour ne pas déçevoir les fans). Avec le peu d'énergie qui lui reste, Neil Young tente d'atténuer le choc qu'il a eu en apprenant la mort de ses deux coéquipiers. Et essaye de combler le vide, et leur rendre hommage par la musique. Chaque fois que Neil prononce une parole, souffle dans son harmonica, on l'impression qu'il va s'effondrer, s'écraser, s'étaler par terre... Mais c'est justement ce qui fait le charme sombre de cet album, qui n'est pas une tache dans la carrière de Neil, comme diraient certains. Les quelques ballades qui ornent l'album essayent de cacher un peu la tristesse de l'artiste canadien portant le deuil de ses camarades. Mais rien y fait, l'album est sordide mais magnifique.

Un des albums les plus sombres de l'histoire du rock



Neil Young - Tonight's the Night (Part One) [4:43]

Neil Young & Crazy Horse - Come On Baby Let's Go Downtown (Live) [3:36]

Neil Young - Mellow My Mind [3:08]

Neil Young - Albuquerque [4:02]



Vendredi 12 février 2010 à 23:11

http://10000visions.cowblog.fr/images/Lives/Eiffel.jpg-Eiffel-
Le Vendredi 29 Janvier 2010
L'Olympic (Nantes)
Membres : Romain Humeau (Chant, Guitare et autres bidules), Estelle Humeau (Basse, Claviers), Nicolas Bonnière (Guitare), Nicolas Courret (Batterie, Percussions)
Durée : 3h
1ere Partie : Misty Socks



Par Brieuc
Alala, les concerts où on se nique allégremment le dos, après 2h 30 de concert pur rock et où on vous écrase quand vous faites moins d'un mètre 60. J'ai pu en faire l'expérience, pour commencer cette année 2010 (car ma résolution pour cette nouvelle décénnie est d'aller voir une tonne de concerts) avec le groupe Bordelais "Eiffel" relève du rock français. En effet, Eiffel est un des groupes à faire vivre le rock Frenchie, en reprenant un aspect Noir Désirien en particulier avec Romain Humeau, qui à tout pour ressembler à l'aspect d'artiste et no
n criminel de Bertrand Cantat (Poète, Guitariste, Excellent Chanteur et compositeur, modeste, boucle d'oreille, cheveux ébourrifés et un charisme légendaire). Pour moi aller voir Eiffel en concert, dans la meilleure salle de Nantes (Non c'est pas le Zénith mes chers amis, même si il y a plus de places) me donnait l'impression d'assister à un Live de Noir Désir, gamin comme je suis.
Je ne vais pas vous cacher que je n'ai pas été déçu, au contraire, ça à envoyé du poney à mort!
On commence avec une petite 1ere Partie, non déplaisante évidemment. Il s'agit d'un little groupe français, faisant penser à du Pony Pony Run Run (non je vous le dis tout de suite, je peux pas blairer les pony pony run run) chantant à tue tête en anglais. Il est composé de trois personnes, et s'appelle "Misty Socks". Le groupe ira plutôt loin à mon avis. La bassiste, le Chanteur/Guitariste et le batteur étaient plutôts bons, mais faisaient de jolis bides, comme à la demande de la bassiste que tout le monde se mette à danser. Intolérant, Impatient et connard comme je suis, j'attendais Eiffel et je ne voulais pas de Misty Socks, ce qui m'a pas permit d'apprécier cette 1ere Partie, qui s'avère t
out demême oncuteuse.                                                                                                                                               
Mais après une heure de 1ere Partie + une demi-heure d'installation de matos, Eiffel arrive et je me met en prosternation devant Romain Humeau et sa troupe, commençant le live avec "Minouche". Premier morceau de l'album "A Tout Moment" sorti en 2009, très bon album, qui a débouché sur cette tournée.
Les deuxième et troisème morceaux sont moins attachants.
Mais il se relance directement avec "Ma Part D'ombre" extrait de l'album "Tandori", qui est de loin mon morceau préféré d'Eiffel. J'étais étonné qu'il le joue si tôt, mais cette puissance dans la voix de Romain est tellement forte qu'on vit pas qu'un peu le concert.
Ensuite pas mal de titres, de "A Tout Moment" à compter "A Tout Moment La Rue" single actuel d'Eiffel, qui se caractèrise par ses sifflements en choeurs. Vraiment génial. Mais aussi "Je m'Obstine" avec piano, et surtout beaucoup de paroles très recherchées ; "Nous Sommes du Hasard", "Le Coeur Australie" et beaucoup d'autres du même album que je ne pourrais pas vous citer, car je n'ai pas énormèment écouté cet album avant d'aller au concert. Je suis plutôt venu pour l'ambiance et l'esprit Noir De'z
Mais c'est vers la fin, que tout a pris son envol. Après avor terminé le concert, deux rappels sont effectués.
Tout d'abord, Romain Humeau annonce qu'il vont faire une reprise "Il s'agit de "Run Power" des Stooges" et moi qui suis un grand fan du groupe d'Iggy Pop, fut comblé... Et ça envoyait.

Et ensuite après deux morceaux qui bougeaient bien, Romain Humeau annonce qu'ils vont jouer un morceau adapté d'un poème de Boris Vian : "Je Voudrais Pas Crever".
Et c'est là que le live a pris toute sa dimension, magnifique, émouvant, intimiste... Romain Humeau nous transporte tout doucement dans la mélancolie du morceau, parlant par les paroles du grand Vian, d'un homme ne voulant pas mourir.
Puis à la fin, dans un élan de souffrance, Romain sort une sorte d'appareil-jouet pour enfant, imitant les bruits des animaux de la ferme (Cheveaux, Moutons, Vaches...) et avec ça, Romain nous fait un rythme, comme pour symboliser un retour en enfance. Puis la lumière s'affaiblit, et le live se termine.

Inutile d'utiliser encore plein de Superlatifs, pour vous expliquer à quel point ce live était énorme. Nicolas Baunnière à la guitare était génial et fou, son collègue batteur, un véritable Bûcheron mais par contre la muse de Romain Humeau, Estelle, n'était pas trop à la hauteur et un peu trop introvertie par rapport à son mari.
20/20 donc pour Eiffel, qui mérite de passer à l'étape supérieure, c'est à dire dans le panthéon du rock français avec Mano Negra, les béruriers Noirs ou encore Noir Désir... J'ai jamais dit que Eiffel était à la hauteur de ces groupes là, mais un live pareil fait tout de même réfléchir.
Si il passe dans votre patelin, n'hésitez pas à aller les voir, mais faites gaffe au places, elle sont à 20 € mais elle partent vite.
Je n'ai plus qu'a lever le bras et acclamer le rock français, en omettant tous ces groupes inutiles comme les BB Brunes, les Plasticines ou encore Naast.

Eiffel - A tout Moment la Rue (Ce soir ou Jamais)





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