10000Visions

10, 000 Chroniques de Disques, Lives & autres.

Dimanche 30 octobre 2011 à 18:38

http://10000visions.cowblog.fr/images/Lives/motorhead.jpgMotörhead + No One Is Innocent
Mercredi 26 Octobre 2011
Zénith de Nantes
Par Brieuc (et César, Guillaume...)

A 20h00 précises démarre le set de No One Is Innocent. Comme on dit souvent, une première partie n'est jamais de refus mais ça arrive de désirer très fort qu'elle se fasse la malle pour laisser place à la tête d'affiche. Celle qu'on nous propose est de qualité, un Punk Indus français alternatif et classique, NOII est sur les planches depuis un bon bout de temps et ils en ont pas perdu leur engagement et leur énergie. Si on fait l'impasse sur les poses parfois ridicules du bassiste (Bertrand Dessoliers) et du machiniste (Ludovic Mazard), on peut aussi parler positivement de notre Shanka adoré, communicatif (prof à Guitar Part, cool et modeste) et qui gère bien, un batteur assez fort du nom de et puis le chanteur (Kémar Gukbenkian) toujours à l'air engagé même si certains prétendent le contraire à l'égard de la nouvelle formation, présent depuis le commencement. Ne connaissant presque pas, on se laisse aller par le show, qui musicalement parlant se tient (des bons riffs par moment, et une bonne utilisation des samples et claviers), et pas trop ennuyant puisque ça passe vite. Les textes français s'enfilent, parfois petits ou souvent réussis, en tout cas on peut pas cracher sur un groupe qui ose exploiter notre langue avec un minimum de pudeur (non non, pas d'allusions à BBBrunes ou superbus... cochons malades va). Le tout passe largement, à noter Phil Campbell qui se ramène sur scène pour faire des accolades aux membres du groupe et filer une casquette de kéké à Kémar qu'il se décidera à enlever peu de temps après !
 
Merci au Zénith de Nantes d'avoir eu pitié de notre impatience, puisque le set de Motörhead démarre sec 15 minutes après. Cela fait quand même quelque chose de voir arriver le power trio, dont son leader des plus légendaires possibles, arriver sur scène sur une espèce d'intro apocalyptique. « Good Evening! We are Motörhead, and we play rock'nroll! » Ce serait bien petit de ne parler que de Lemmy (un peu comme pour Iggy Pop, on a un peu l'impression que certaines personnes viennent uniquement pour la rockstar que pour la zic) et de faire l'impasse sur ses deux musiciens exceptionnels, Mickey Dee à la batterie et Phil Campbell à la guitare. Mikkey nous a livré un long solo bien ficelé calé dans un récent Born To Lose épique, à base d'exercices que tu te répètes au conservatoire depuis ta plus tendre enfance mais en mode mur du son, tandis que le pur pirate Phil a plutôt joué sur le mièvre, malgré tout le respect qu'on a pour son immense talent, dans un solo génial mais sur un espèce de fond musical un peu ringard. The Chase Is Better Than Catch y remédiera juste après !
 
Parce que niveau Setlist pas loin d'être miraculeux, en tout cas c'est classique : ils attaquent à coup de titres de 1979 (disons le, la bonne époque où un groupe de malade sortait des disques et des hits en mitraillette), Bomber et Damage Case respectivement dans Bomber et Overkill, puis Metropolis et Stay Clean toujours ce dernier, entrecoupés par des extraits des derniers albums depuis Kiss Of Death (2006) avec One Night Stand, Motorizer (2008) avec Rock Out et surtout ce fabuleux dernier The World is Yours (2010) - dont l'artwork décore le set – qui nous donne de bonnes interprétations de I Know How To Die ou Get Back In Line. N'empêche que des titres foutument énormes s'enchaînent, le public cool les reçoit bien et sait pogoter, les membres du groupes accumulent les pauses/private jokes (le choc quand on voit Phil boire un gobelet d'eau …) et les appels au public pour le faire bouger. Ian Kilmnister (même s'il devient un peu plus statique qu'avant) se dévoile un peu plus au fur et à mesure du set, n'hésite pas à s'avancer vers le devant de la scène et à dire des trucs que les spectateurs ne comprendront pas et qui mène au bide voulu ou simplement présenter les morceaux qui vont être joués. A partir d'Orgasmatron tiré du studio éponyme développé dans des lumières vertes terrifiantes, on a le droit à un enchaînement de rêve marqué par un changement de drapeau nous ramenant à la pochette du premier album : Going to Brazil (du classique 1916), Killed by Death (dont le nom et le clip me tueront toujours) et la géniale Iron Fist. Puis le rappel verra bien sûr Ace of Spades où chacun de nous pétera un câble, puis l'interminable Overkill, excellente avec ses jeux de lumières épileptiques pour accompagner le génial rythme double pédale qui donne tout le charme du morceau : qui dit mieux ? Pour ce dernier morceau, le leader demande une simple faveur au public assis dans les gradins, c'est de se lever.

 « Don't Forget Us! We Are Motörhead, and we play rock'nroll ! » 1H30 de set bien carré, l'ambiance toujours aussi présente malgré la répétition musicale. Ils nous remercient grandement, nous aussi, et saluent sympathiquement la foule en laissant un larsen de la mort qui déchirera le reste de nos tympans. Mais à quel prix ! Voir une légende pareille est toujours quelque chose de très fort... et rares sont ceux déçus par un concert de Motörhead. Le groupe n'en perdra pas sa réputation en cette bonne soirée !

1. Bomber

2. Damage Case

3. I Know How To Die

4. Stay Clean

5. Metropolis

6. Over the Top

7. One Night Stand

8. Phil Cambpell Solo

9. The Chase is Better than Catch

10. Get Back in Line

11. Rock Out

12. Born To Lose (+ Mikkey Dey Solo)

13. Orgasmatron

14. Going to Brazil

15. Killed by Death

16. Iron Fist

Encore :

17. Ace of Spades

18. Overkill


 

Dimanche 23 octobre 2011 à 0:54

http://10000visions.cowblog.fr/images/Pochettes/GoatsnakeFlowerLP.jpg
Goatsnake - Flower of Disease (2000)
Par Brieuc
Du stoner aux accents groove/blues allié à un doom metal loin d'être ennuyeux et une approche vocale étonnante. C'est les principales caractéristiques de Goatsnake, un des groupes les plus ultimes à mes yeux du genre qui voit actuellement Greg Anderson à la guitare (Sunn O))) euh parenthèse ou pas pour compléter du coup? On va dire ouais, mais ça en fait 5 dans une seule phrase et c'est un peu beaucoup...) et a vu passer Scott Reeder (epic guy de Kyuss période deux derniers disques, The Obsessed) ou Joey Castillo de QOTSA. Pas besoin d'en faire des tonnes chez eux, un riff venus des Dieux, respectif à chaque chanson, vient se caler dans nos oreilles et refuse de partir tandis qu'un chauve vient nous bercer. Le batteur (Greg Rodgers, formant ainsi avec le bassiste G Stuart Dahlquist la section rythmique de The Obsessed) quant à lui, a trouvé bien vraisemblablement une rythmique bien basique.. Le résultat est là, on est subjugués et on en veut encore … sorti en 2000 (l'année d'apogée pour le groupe) chez Man's Ruin puis réédité chez Southern Lords Records notamment en vinyl.

Des méli-mélos de Flower of Disease qui ouvre chacun de leurs concerts, se brouillent dans nos tympans, il y a cet espèce de signal comme un chef d'orchestre qui arrête le bordel en fermant ses mains un peu comme pour dire « fermez là ! Il y a un riff punitif qui va venir vous mettre la pétée ! », et un petit silence suivi d'un putain de truc. Pas la peine de s'attarder là dessus, chaque morceau de Flower of Disease est comme une perle qu'on enfile sur un collier tellement ce disque est savoureux par sa richesse, et le moindre changement instrumental vient limite nous perturber parce qu'on est resté bloqué sur les répétitions foutrement planantes du schéma précédent... bref je ne sais même pas dire si il y en a une que j'écoute plus que l'autre. Et c'est ça depuis leurs tous débuts : que ce soit leur pemier volume(1999)ou Dog Days (2000) jusqu'à leur EP Trampled Under Hoof (2004) qui sont au moins aussi bien que ce disque. Même si les débuts sont un peu plus brutaux que celui-ci.
 
Le charme de Goatsnake doit sûrement résider en grande partie dans les tripes du chanteur qui, à l'instar de Hideki Fukasawa (Church of Misery) ou pour faire simple John Garcia (Kyuss Lives), occupe une fonction à part entière, c'est corps et âme qu'il anime pour nous offrir son talent lyrique grandement Sabbathiann. On le voit aussi s'adonner à la guimbarde (sur la rythmique sympathique de l'alcoolisée Easy Greasy), user de son harmonica sur une bonne partie du disque pour bien nous rappeler que le Blues est le grand père du Stoner Metal. (par exemple El Coyote, génial et lancinant, ou la sympathique Live To Die supra-entraînante) et parfois savoir jouer de sa grande capacité vocale en prenant un ton de prière sur Prayer For A Dying. Pas besoin de vociférer ni d'étouffer sa voix à l'écho, non, la voix de Peter Stahl (Scream, Wool) est pure et l'idée de cette touche harmonieuse est la source principale du son du groupe. C'est ce qui fait la force et le courage d'un tel groupe. Elle sert aussi à développer une ambiance passionnante, un espèce de sombre ironique qui vient teinter les instrumentaux irréprochables, du commencement paresseux à l'accélération entraînante. Parce que Stahl se met à l'encontre des musiciens, il en fait presque qu'à sa tête comme tout bon doom le veut. L'enchaînement The Dealer avec Truckload of Mamma's Muffins nous met tout simplement sur le cul par les guitares et la voix qui déconnent un peu. Pour en arriver au final impressionnant qu'est The River dont le tout début pourrait nous inspirer l'ouverture d'un disque de Sun puisque Greg Anderson doit sûrement utiliser le même matos donnant ce son pachydermique. Le point culminant de cette affaire, conclu par une voix féminine et un piano sur la dernière minute, allez savoir pourquoi...

Bien dosé, jamais excessif et pourtant bien répétitif, Goatsnake est pour moi l'un des groupes les plus fascinants et envoûtants dans cette stoned jungle alliant Stoner et Doom (sans pour autant donner une sonorité Electric Wizard). Unique en son genre, surtout pour un groupe qui n'a pas une discographie conséquente (à peu de choses près 2 disques, 4 EP et un Split : tous excellents) c'est le moins qu'on puisse dire. Mes frères, ce disque se mérite...

Goatsnake - Flower of Disease [6:39]

Goatsnake - Easy Greasy [5:14]

Goatsnake - A Truckload Of Mamma's Muffins [5:58]

 

Samedi 10 septembre 2011 à 23:35

http://10000visions.cowblog.fr/images/Pochettes/primusgreennaugahyde.jpgPrimus - Green Naugahyde (2011)
Par Brieuc
Hé les cocos, le temps de prendre ma brosse à dents je vous précise le truc : on a pas vu primus sortir un album depuis Antipop en 1999 qui signait leur séparation... hein ? Ouais bon ils ont fait quelques trucs du genre un petit EP sympa d'une reformation classique en 2003 avec des vidéos digne de leur nom (Animals should not try to act like people), un best-of inutile (they can't all be zingers) et un truc avec 4 titres ré-enregistrés de manière sympa pour tester leur nouveau batteur. Mais merde cela fait combien de temps ? Une dizaine d'années qu'on a pas entendu le son du primus (qui est tout de même l'un de mes groupes de prédilection) et il y avait juste les géniaux (pas moins foutraques) disques de son leader/bassiste Les Claypool (avec la brigade des grenouilles et en solo, je ne tarderais pas à vous en toucher deux mots) pour rattraper l'affaire.
 
Ce que je vous ai pas dit c'est que ce fameux batteur n'est non pas Brain ou Herb, mais bien Jay Lane qui avait abandonné le champ de bataille à peine après avoir fondé le groupe en laissant la place à ce dernier. Retour inattendu donc, mais pour une formation pas moins superbe, le power trio par excellence. Et on aura toujours un certain Larry Lalonde allias Ler à la gratte et Les Claypool qui sont revanche irremplaçables.
 
C'est alors que je les vois comme dans un rêve éveillé dans La Cigale de la capitale, un set enflammé au son de quelques nouvelles compositions qui constitueront ce Green Naugahyde dont je ne connaissais même pas la future existence lorsque je vis les Californiens les exécuter devant moi. Avec grand bonheur j'ai donc pu entendre des titres de toute beauté qui m'ont fait clairement comprendre que le Primus grand public avec tout plein de guests sur Antipop a pris sa fin et que ce dernier disque rappelle méchamment les traditionnelles compos des 90's comme on les aime (même si j'ai un grand amour pour Antipop...). Mais fais gaffe à tes vilaines pensées lapin, Primus, si c'est une marqué de bière belge, ce n'est pas une imposture. Et ces nouveaux morceaux que je me suis permis d'écouter en avant-première sous deux formats sont toujours aussi insolites et uniques.
 
Assez parlé, le son pachydermique de la basse de Les nous emporte vers des horizons lointains sur Prelude to A Crawl et se fend sur Hennepin Crawler. On nous annonce déjà la couleur, la basse résonne en grande partie en filter et la voix de Les ne sera pas moins modifié en haut-parleur. Ah et puis aussi comment dire... c'est juste jubilatoire de ré-entendre un son pareil, et ce morceau en est une parfaite démonstration. Jay Lane groove bien son jeu, tandis que Ler nous lance quelques petits accords échappés de la ligne folle de Les. Bref j'adore, j'ai toujours du mal à parler de l'effet primus tellement le son est particulier. Mais justement en renouant avec l'ancien, le groupe n'a pas hésité a reprendre ses concepts toujours aussi hallucinants, en donnant un 4e épisode et ainsi une suite aux chroniques du pêcheur avec Last Salmon Man (Fisherman's Chronicles, Part IV) dont le thème sera repris en clotûre sur Salmon Men. Une fascination pour les poissons qu'ils n'assumaient plus depuis Pork Soda (1993) ! Tout devient donc un peu plus déjanté, jusqu'au Eternal Consumption Engine qui n'hésite pas à nous rappeler que le LSD n'est qu'une petite histoire d'aspirine à côté de l'esprit que dégage la musique du groupe. Là c'est des c'est des rythmiques farfelues et une dernière minute avec des choeurs glauques à la Tim Burton sur la dernière minute à t'en mettre le cafard.
 
Tragedy's A Comin' ira remédier à cette histoire, peut être bien parce que c'est tout simplement le meilleur morceau de cet album. J'ai implosé en live devant ce morceau inconnu, tu n'as pas plus représentatif du groupe, cette chanson a tout les éléments : des solos de malades en opposés, une importance égale pour tous les instruments (que ce soit la basse qui massacre tout ou la guitare de Ler avec des parties ondulantes sur l'introduction) et un humour évident. A 3:25 la chanson prend un tout autre air un peu oriental et reprend son ondulation. Des cris d'admiration apparaissent bizarrement sur l'exécution des solos de Les, on ne me cachera pas que c'est l'équipe du studio qui se sont tapés un orgasme devant le bassiste qui joue tout seul l'instant d'un ange qui passe (semblable au progressif de Rush comme sur YYZ, nous connaissons la passion de Primus pour eux...). Et tout de suite tout a un son plus psyché en particulier sur la guitare (Eyes of the Squirrel), on rend hommage à Lee Van Cleef (notamment parce que le nom a un rapport) on nous rappelle Over the Electric Grapvine sur Green Ranger et du coup, à oui j'allais oublier... Les Claypool est aussi un excellent contrebassiste et n'hésitera pas à la faire vibrer sur une prouesse tout simplement excellente et inquiétante Jilly's on Smack. Un des rares morceaux monocorde, les basses lancinantes et la guitare spatiale sur des paroles absurdes (tiens, étonnant). Enfin pour ne pas faire du morceau par morceau, même si la 2e face est un peu moins intéressante elle en dispense pas pour autant les perles de primus, que ce soit des morceaux au son beaucoup plus lourd, violente et sombre comme Moron TV ou la wtf HOINFODAMAN qui retranscrit très bien ma réaction quand j'ai appris l'existence d'un futur album. Et enfin quitte à se lancer dans des trucs un peu expérimentaux, Extinction Burst est bien choisie. Mention spéciale aux 2 dernières minutes et quand Les se tait, la technique des musiciens et la précision qui m'a foutu un gros coup de pied au cul. Une conclusion donc qui n'enlève en aucun cas du déjanté de Primus mais plutôt nous rappelle de l'excellence du niveau musical. Oh my god it's primus... Une des premières claques de cette année 2011/2012 qui s'annonce terrible, à écouter pour rythmer notre triste rentrée. Et un retour qui j'espère sera consistant déjà qu'il est bien garni !
 
Primus - Hennepin Crawler [3:59]

Primus - Tragedy's a Comin' [4:52]

Primus - Extinction Burst [5:20]

Dimanche 4 septembre 2011 à 15:00

http://metalitalia.com/wp-content/uploads/2011/06/opeth-heritage-copertina-2011.jpg

ATTENTION : CHEF D'OEUVRE !
WARNING : MASTERPIECES !
OBRA-PRIMA DE ATENÇAO !
注意傑作 !


Opeth - Heritage (2011)

Par César
Ca faisait bien longtemps qu'on attendais cet album de la part de la formation suédoise de death metal progressif a tendance folk, qui fêtait ses 20 ans il y a un peu moins d'un an ! Les premières annoncent furent plus ou moins effrayantes, notamment le fait que cet album ne contienne aucun passage death metal, et ni de growl (logiquement). On ne savais donc pas a quoi s'attendre... Une sorte de ghost de devin townsend? Une second Damnation? Aucune idée jusqu'à la publication du single The devil's orchard, où l'on découvrait un hard rock progressif assez technique bien inspiré par les groupes des 70's. Bref une bonne surprise.

On a donc la chance de découvrir cet opus avant sa sortie, et on retrouve le line up classique d'opeth en pleine forme. J'ai dis classique? Non, c'est après l'enregistrement de cet album que Per Wilberg quitte le groupe (pour ne pas dire qu'il s'en est fait virer). Il se fait donc remplacer temporairement par Joakim Svalberg (et peut être officiellement en fonction du bon déroulement de la tournée Européenne), ancien clavériste de Yngwie Malmsteen (fait qui excitera plus d'une fois le leader du groupe, le charismatique et taquin Mikael Akerfeldt). Il enregistrera d'ailleurs que l'introduction de ce CD qu'est Heritage titre éponyme.

Heritage introduit donc cette galette, titre joué par Svalberg donc accompagné à la contre basse par le légendaire bassiste Martin Mendez. Belle introduction instrumentale très lente, assez agréable qui va donc laisser place, à la violente The Devil's Orchard, que l'on connait donc bien sachant qu'elle est disponible depuis plus d'un mois (accompagnée d'un live de 5 titres joués en 2010), on voit donc dès l'introduction le côté technique de la chose. La voix d'Akerfeldt, est tout simplement magnifique contrairement a son growl sur les derniers live disponible du groupe. Première partie instrumentale vers les deux minutes trente, structure que l'on verra répétée souvent lors de l'album. Petites démonstrations par Wilberg a certains moment servant de pont, notamment pour passer a des passages bien plus jazzy vers la fin du morceau. Akesson (guitare) nous offre ensuite un magnifique solo en tant que fin de la chanson. Magistral!

Suit I Feel The Dark, titre exceptionnel (comme tous ceux de l'album …), joliment introduit à la guitare et au chant, évidemment rejoint par le reste plus tard. La chanson dure bizarrement exactement le même temps que la précédente... Chanson très posée, hyper agréable, on retrouve donc un petit instrumental très similaire a celui du titre précédent. Gros break au tiers de la chanson, où la formation se barre dans un trip hard rock progressif (psychédélique?). La deuxième partie se formera donc dans les variations entre hard rock et folk posée avec des passages inoubliables. Le groupe nous offre une fin progressive, titre qui se termine donc lentement (10 secondes de blanc à al fin de chaque chansons...).

Vient la plus violente de l'album (pour les fans les plus extrêmes du groupes) Slither et son rythme endiablé vient nous rappeler les savoirs en matière de metal du groupe. Titre assez court, pourtant génialissime avec ses rythmiques de guitares, accompagnées par la double pédale d'Axenrot (et oui tout de même). Akesson se fera plaisir en plaçant quelques petits solos dans la chanson histoire de renforcer le côté technique du titre, qui d'ailleurs prend une toute autre ampleur vers la fin, où les guitare classique joueront la même chose pendant 40 secondes avant de clôturer sur ces 10 secondes de blancs. Pour le moment tous les titres s'égales a peu près, et je suis vraiment très content du résultat sur la première écoute, j'espère que les autres fans fidèle du groupe feront de même.

Nepenthe marque la moitié de l'album, avec ses alternances entre folk jazzy brumeuse et reposante et ce même hard rock technique joyeux qui est présent dans chaque titre depuis le début de l'album, on découvre aussi les quelques passages de flutes joués par un invité dont le nom m'est totalement inconnu. On sent vraiment la différence avec les autres albums et son côté unique même si la touche Opeth est bien plus que présente. Akesson placera une fois de plus quelques petits solos sympathiques. Axenrot, nous prouve enfin ses vrais talents de batteur, notamment de jazz, ce qui prouve que la fréquentation de groupe brutaux comme witchery l'année dernière ne lui a pas fait perdre tous ses savoirs.

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On est partis pour un Haxprocess, démentiel, magnifique où le duos piano chant fera effet, rejoint ensuite par la guitare etc... On profite une fois de plus du son exceptionnel des instruments. Titre superbement bien composé, une fois de plus très agréable a écouter. C'est sympa de voir que Per Wilberg prend moins de libertés que sur Ghost Reveries (notamment sur l'intro de Beneath The Mire), et reste discret tout en effectuant de magnifique ligne en fond qui feront toute l'ambiance de l'album. Petit solo en clean pour clôturer la chanson qui une fois de plus me met les larmes aux yeux, vraiment extrêmement bien surpris par ce que j'entend, Akerfeldt est un vrai dieu.

Vient ensuite un titre assez spécial qu'est Famine, introduit par des tambours et des chants donnant un côté de musique Africaine, notamment avec des bruits d'animaux sauvages et de didgeridoo. Une belle introduction au piano vient se placer après. Moment très émouvant où Akerfeldt nous montre une fois de plus ses vocalisations claires assez classes. Séquence brusquement interrompue par un riff technique une fois de plus rejoint à la batterie etc S'en suit des séquences excellentes instrumentales puis retour au piano etc. Les alternances n'en finissent pas, ce qui fait tout le charme de la chanson, qui elle dure suffisamment longtemps pour nous faire profiter pleinement des talents de compositeurs de Mikael Akerfeldt. On trouvera aussi en accompagnement des sortes de flûtes de pan, intéressant.

The Lines In My Hand suit malgré sa courte durée elle reste bien ancrée dans le déroulement de l'album et est excellente sur les instrumentales, notamment sur la ligne de basse de Mendez qui est superbe, qui montre a son tour ses talents que l'on avait pas vraiment eu l'occasion de découvrir sur un Watershed surplombé par les grattes. La fin du titre restera surement une des meilleures de l'album, avec un côté jazz en accéléré où Akerfeldt se fera plaisir niveau chant. Bref encore un titre épique et on arrive déjà à la dernière chanson de l'album contenant du chant (la dernière étant instrumentale tout comme la première).

Folklore est surement la plus belle chanson de l'album (même si rappelons le elles sont toutes aussi biens avec chacune leur style), elle est aussi une des plus longues. Un duos de guitare génial, le duos des Martins (Axenrot qui est batteur et Mendez qui est bassiste) fait son effet tandis que la chanson passe à une vitesse folle. Ce titre est assez indescriptible par sa technique et sa beauté, (il est d'ailleurs assez dur de faire un article sur cet album, j'ai longuement hésiter mais bon). Un des passages les plus épique de l'album se trouve vers les 5 min, les choeurs font apparitions sur ce passage juste magnifique qui, je l'avoue, m'a fait pleurer, survoler d'un solo assez lent et juste genial. La formation nous achève de façon aimable et nous offre une fin dantesque.

Marrow Of The Earth, instrumentale magnifique jouée à la guitare vient fermer cet épisode que l'on a bien envi de se le repasser une dizaine de fois. On a donc ici un vrai chef d'oeuvre (d'où l'interpellation avant l'article), en gros même si vous ne savez pas lire le Japonais il vous faut absolument cet album. C'est l'album de l'année et vu les annonces des prochains album il le restera, c'est donc ému que je termine cet article sur un album qui deviendra une référence. Et ils ne passent pas dans notre région ni pendant les vacances c'est donc avec mon plus gros rêve dans le cul que je vous laisse.

Opeth - The Devil's Orchard [6:40]

Opeth - Haxprocess [6:48]

Opeth - Folklore [8:19]

http://4.bp.blogspot.com/-gVCCEVtIcbE/TiQ4ru4vItI/AAAAAAAADoQ/SDTTOTwiyxo/s1600/opeth%2Bfall%2B2011%2BEU.jpg


Jeudi 1er septembre 2011 à 18:02

http://10000visions.cowblog.fr/images/Lives/affichecabaretvert.jpgPar Brieuc
 
Avoir de la smala dans le coin dans le Nord de la France a ses avantages, non pas celui de voir Bienvenue chez les Ch'tis en avant-première mais plutôt de profiter des beaux concerts et festochs que nous proposent les Ardennes ou la Belgique. Après les Nuits Secrètes qui m'a permis de squatter gratos à Aulnoyes pour voir entre autres l'excellent rock n'roll bourrin des Jim Jones Revue ou le légendaire reggae de LKJ, c'est au tour du Cabaret Vert à Charlevilles-Mézières. Dès que j'ai su que j'ai manqué Gojira ou encore Jello Biafra à l'édition 2010 alors que j'en étais pas très loin je n'ai pas hésité une seconde à participer aux 3 jours lorsque j'ai appris la venue de Suicidal Tendencies, Hatebreed, Iggy Pop ou Stupeflip. Éclectique, programmation fine et non beauf, prix attractifs (47 euros pour 30 concerts...), ambiance et site (associations, courts métrages..) très agréables, pit bien violent et surtout ce concept écolo et alter-mondialiste qui ressort (toilettes sèches, stands locaux où on miam des croûtes ardennaises et des cacasses à cul nu) etc... enfin bref on est pas là pour parler de tourisme cullinaire, mais pour 3 bons jours de bonne musique (ou pas!)

VENDREDI 26 AOÛT 

- A peine arrivé je fais l'état des lieux en écoutant la fin du set du petit groupe Rock in' Bitch qui a l'air d'envoyer du paté de lapin mais si j'arrive à 16h sur le site c'était surtout pour courir à la grande scène voir Hatebreed que j'attendais depuis un bon bout de temps ! Le pit ardennien est déjà en marche, le set vient de commencer et notre rouquin charismatique Jasta a déjà ses exigences ! Niveau musical c'est un peu toujours pareil et ça on peut pas le nier, mais c'est trop bon à écouter en concert et en plus avec l'ambiance hardcore du public. Pogos incessants et ça commence doucement, le chanteur tourne doucement le doigt pour démarrer les circle pits, avant d'être plus exigent en demandant un circle pit à droite, à gauche, au milieu et au fond et là ça commence à devenir sérieusement violent. Dans le feu de l'action je perds déjà mon bracelet 3j pour en retrouver deux par terre qui peut être ne m'appartenaient même pas (le second sera facilement refilé, un bracelet = une choule). Après un In Ashes they Shall Reap un peu massacré par le mauvais son (on entendait un peu trop la batterie de Matt Byrne entre autres) dont sans doute une marmotte devait s'en charger à la régie, il commence à parler de east side et west side sûrement pour déclencher un wall of death qui sera raté puisque la plupart des gens n'auront pas compris la demande de celui-ci. Pour y remédier, Jasta demande un circle autour de la tour de régie, on se rattrape et le public fonce faire un footing autour de celle-ci en faisant chier tous ceux qui voulaient juste regarder le concert par curiosité. Moment toujours impressionnant à voir, hatebreed est décidément un groupe qui fout bien l'ambiance ! Pas très dépaysés de jouer leur registre dans un festival varié, mais cela reste le cas pour ma part de les voir dans ce cadre en milieu d'aprèm comme un petit groupe quand on les sait précursseurs et très populaires du style, en faisant la tête d'affiche de pas mal de festivals (mainstage 02 du HF, With the Full Force, Motocultor en Bretagne..). Quoiqu'il en soit même si ça se répétait, la prestation des américains est impeccable à leur image avec un set très rythmé et puis une belle énergie communicative dégagée de Jamey et de ses compatriotes. Destroy Everything !

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- Je passe voir le set de This is Not Hollywood, groupe du coin élu par les bénévoles du festival pour passer la deuxième année consécutive sur la petite scène. Rock 70's simple et sympa, mais qui se prend bien trop pour un groupe pseudo-rockn'roll. Loin de moi l'idée de les briser dans leur désir de foutre l'ambiance, mais un des deux guitaristes m'insupportait un peu Que tous les connards qui disent du mal des ardennes aillent au cabaret vert ! Ou ce genre de choses qui sortant de sa bouche était chiantes. Bref en tout cas les festivaliers apprécient, je suis un peu partagé ou plutôt indifférent.

- Hop de retour vers la grande scène pour assister à la prestation de The Wombats qui ne m'a pas l'air déplaisant. Malgré des problèmes de sons (clavier qui merdait), ces types de Liverpool assurent des chansons sympas un peu sucrées et parfois un peu bourrines avec ce ton indie pop très agréable. Certains qualifieront ce set de décousu, que pourtant je trouve sincère non seulement par la communication du guitariste Matthew Murphy dont les propos sont traduits en français par Dan Haggis en laissant discret le bassiste norvégien Tord Øverland-Knudsen. Ce genre de trio indie est vu et archi-vu en Grande-Bretagne mais c'était franchement pas déplaisant à voir.
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- La fin de Death Set constituera ma pause digestive, j'arrive visiblement au bon moment puisque les Américano-Australiens enchaînent leur dernier morceau avec Slap Slap Slap Pound Up Down Snap et Johnny Siera fait venir sur scène un fan du premier rang à fond dans le groupe. Evidemment il demande au type de faire - au moment du refrain samplé – le fameux check qui accompagne ce morceau (http://www.youtube.com/watch?v=ZqxHOmkz9T0). Seul morceau que je connaissais du groupe, et qui avais un peu détesté en première impression je suis totalement conquis par l'énergie du trio formé de deux guitares occasionnelles et une batterie toujours pareille par Jahphet Landis et le tout saupoudré de samples déjantés pour un résultat s'apparentant aux débuts des géniaux Beastie Boys. Me voilà donc surpris par l'ambiance qu'ils mettaient! Bonne camaraderie sur scène, le fan effectue le check avec quelques malaises qui feront rire l'assistance puis se donne à coeur joie en accompagnant les choeurs puis faisant des accolades au chanteur en comprenant qu'il devait partir. Ils continuent avec deux morceaux plus gentillets Negative Thinking et Moving Forward. Puis terminent le bon show electro-punk en demandant au public de s'agenouiller puis de sauter en l'air. Je suis pas fan de la zic mais moment plutôt sympa, du moins surprenant...

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- Dans le genre groupe que j'entendais en rafale par les médias il y a quelques années, The DØ portait une belle couche avec A Monthful (2008). Bizarrement, je n'ai presque pas entendu le dernier disque Both Ways Open Jaws (2011) et c'est pas non plus du grand regret puisque le peu que j'ai écouté foutait le cafard. L'entrée se fait sur The Calendar qui ne fait que conforter mon avis. Mais bon y a du bon coeur là dedans, l'ambient est pas mal et c'est assez impressionant de voir tous ces instruments s'agiter et s'associer pour créer ce son, le guitariste étant particulièrement remarquable. Olivia Merilahti se la joue un peu poupée mais communique, tandis que Dan Levy est un formidable instrumentiste il faut l'avouer. La setlist se montre un peu plus convaincante, jusqu'à des tubes genre On My Shoulders ou Too Insistent qui me font partir avant la fin parce que c'était déprime assurée... rien de mauvais, juste plus d'humeur à attaquer un bon ATR !

- La grosse pétée dans tous les sens éléctro, de l'indus-Punk pur, la fusion entre Combichrist, Prodigy et Nine Inch Nails carburée au red-bull made in Allemagne et ça depuis les années 90. Le Mur du son assuré, jeu de lumière génial à rendre épileptique et une revendication anarchiste anti-fascime/nazi. Quelle claque ! Et surtout trois types qui gueulent comme des sourds vêtus de cuir noir. Alec Empire arrive en premier et active son TR-909 avant de commencer à crier en précédant sa collègue Nic Endo make some noiiiise ! Arrive enfin CX Kidtronik au synthés 8-bit, une sorte de mister T avec une crête de travers. Les trois mettent une ambiance de fou, placée sous le signe de l'Atari (puisque dans le registre concert qui parle que de son groupe, ATR se place plutôt bien) dont le spectacle sera admiré entre autres par Death Set sur le côté de la scène. Des tonnes de titres tirés des 4 albums existant, digital-hardcores accumulés dans une ambiance sous amphétamine, conclue par Start the Riot. Atari Teenage Riot est une bonne légende du style à voir assurèment, rien que pour le climat qu'elle véhicule !

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http://10000visions.cowblog.fr/images/Lives/6102949924563d44dac3z.jpg- C'est au tour de LA pure légende du festival de jouer, après un concert assez anthologique au Hellfest surtout pour son ambiance c'est un plaisir de revoir Iggy Pop & Stooges. Après avoir fait une visite privée dans le musée Arthur Rimbaud la veille, l'iguane est décidé à remuer les foules. Chose qui sera faite très rapidement puisque le public est chaud comme la braise et le mouvement de foule 10x plus violent qu'au festival de l'enfer. Il faut dire aussi que dans les Ardennes, c'était un miracle de voir apparaître the iggy dans le coin et que c'était la tête d'affiche du festival rêvée par le public et des vieux fans des stooges, le plus gros cachet en soit. Et oui on est à des années lumières des puristes qui ne savent pas étendre un peu leur univers restreint et qui ont décidé de boycotter à Clisson. Redite alors puisque rien de bien nouveau de ce qu'on a vu. Au risque de faire un edit sur notre article sur le HF, le vénéré Rock Hard a déclaré dans son hors-série que Iggy Pop avait peur de chanter devant un public entièrement métalleux, chose démentie puisque j'ai trouvé le Iggy identique à la limite du moins extraverti que le concert dans l'Ouest ! Exemple un peu débile mais plutôt révélateur, on a eu le droit à ses fesses en fin de show au HF tandis qu'ici rien du tout ! Bref quoiqu'il en soit les Stooges envoient toujours du paté, le son était vraiment à chier si bien que la musique pouvait devenir barbante mais l'ambiance était là. Des gens monteront sur scène, Iggy alignera les poses légendaires vues et revues et dépassera ses collègues en costards qui s'appuient sur les amplis en jouant. C'était marrant de voir à quel point le public était là pour voir une icône de rock et non pas un concert... niveau foule c'était Gaza dans ta face à en espérer un No Fun pour conclure tout ça, 1h 10 bien arrosées sans compter une setlist classique qui marche toujours aussi bien. Bref une bonne tête d'affiche qui en a ravi plus d'un.

Enfin je passerais sur la prestation de Sexy Sushi qui sentait la blague insultante et même pas drôle après ça.


SAMEDI 27 AOÛT

- Il est 18h et j'arrive directement pour Sucidal Tendencies … ô combien de fois ai-je désiré de voir un des groupes de Mike Muir. Alors certes, Cyco Miko a quelque peu perdu sa voix, mais putain quelle énergie ! Ça fait un bien fou ce genre de concert. Mettez moi un bon Thrash Metal et groovez le moi à la sauce Cyco, c'est loin de vous donner des tendances suicidaires. Allers-retours en courant, parades chamaniques où Mike joue le Cyco possédé donnant l'accent à des solos funky de basse qui groovent sévère signés Stephen Bruner allias Thundercat, ou alors à la guitare déchaînée de Dean Pleasants présent également dans Infectious Grooves et son compagnon Mike Clark au service de ST depuis 87. Sans oublier Eric Moore (dans IG aussi, j'ai devant moi 3 membres de Infectious !), une sorte de gros Ray Charles derrière les fûts qui fait tourner ses baguettes et nous a livré un solo de batterie juste époustouflant entre un Possessed to Skate et Suicidal Failure (du ST de ST, un classique !) bien servis. public de fou rythmé aux Cyco Visions, Wall of Death plutôt stylé sur celui-ci. You Can't Bring Me Down, How Will I Laugh Tommorrow (Miko nous fera une petite démonstration de ricanement après la récidive d'épongement de bandana = rivière de sueur) ou Join the Army que des titres très bons tirés de la petite vingtaine de studios qui nous rappelent que le Skate Punk/Crossover Thrash c'est eux et franchement j'ai toujours autant de respect pour ces types de Venice Beach ! Sur le côté de la scène je vois El Hefe et des compagnons approuver le spectacle avec un horns up ! Enfin Pledge Your Alledgiance (aux semblants de No More No Less sur Free Your Soul... Save My Mind) après une heure aux petits oignons où le public doit comme d'habitude crier « ST » quand on le lui dit puis laisser les premiers rangs monter pour un petit moment légendaire sur scène. Seulement là ça prend pas, les terminators de la sécu va interdire la montée sur scène, une dizaine de petits chanceux arriveront à rejoindre une scène (ornée du drapeau du split Year of the Cycos montrant le commun de tous ces projets excellents menés par le Cyco en personne) si bien qu'elle va finir par frapper dans le dos les gens (comme moi) tentant de les accompagner. Dommage pour cette note finale sur laquelle on nous a jeté comme des malpropres mais c'est pas ça qui va gâcher mon bonheur d'avoir vu les maîtres du genre que j'écoute sans relâche, et qui est bel et bien quelque chose à voir en live, quelque soit le projet de Miko !

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- La bonne surprise de la programmation serait bien The Bellrays, qui depuis 93 oscille entre Rock'nRoll, Punk, Funk, Jazz et Soul grâce à la sublime voix de Lisa Kekaula. Le public aime beaucoup, moi aussi vu la capacité à pouvoir changer de registre et à mettre un temps soit peu de l'énergie sur cette scène des illuminations !

- Cette phrase est bête à dire mais il y a le bon et le mauvais reggae... Tiken Jah Fakoly est pour moi, incontestablement une figure du reggae, de côte d'ivoire qui plus est ! Voilà enfin un vrai reggae live, quelques semaines après un bon Linton Kwesi Johnson aux Nuits Secrètes c'est au tour de Doumbia Moussa Fakoly de révolutionner son Afrique au son de son dernier album assez remarquable African Revolution de 2010. Parce que Tiken Jah fait partie de ces artistes très engagé qui aime leurs racines et encouragent les jeunes à rester dans leurs Pays pour les aider à évoluer, ne pas tourner le dos à ses origines et combat bien évidemment les armes, les hommes politiques du continent et j'en passe. Causes très respectables, exprimées sur un tissu posé qui sent bon l'exotisme de sa terre, nous dit qu'il faut aller en Afrique, rencontrer les gens parce se qu'on voit à la télé c'est pas la vérité etc.. que des bonnes choses, dites sur sa musique décidémment 100 fois mieux en live qu'en studio sur des chansons comme Plus rien ne m'étonne ou Il faut se Lever en final. Niveau Rastafari et Jah on a aussi notre dose, posé, énergie hyper communicative et bon instrumental. Bref un bien sympathique moment de Reggae et je suis sévère puisque le futur classique du genre a mis tout le monde d'accord, visiblement.

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http://10000visions.cowblog.fr/images/Lives/6087260454acbf2b97a7z.jpg - Mmh … au risque d'outrer les pauvres fans à majorité féminine, déjà que je trouvais la présence de Pete Doherty un pò tache sur la programmation j'ai trouvé son concert assez chiant. Je cultive un mépris plutôt conséquent envers ce genre d'artistes jeunots à qui on adresse le statut d'îcone du rock, de poète rebelle ou je ne sais quelle connerie pour des histoires de cocaïne et d'hystérie. A l'instar de sa copine Amy Winehouse (R.I.P respect à elle tout de même, cela dit la comparaison d'artiste de légende maudit à Hendrix et Morrisson pour l'âge de la mort dans Rock&Folk et la plupart des médias barbants m'ont juste écœurés) - même si je le trouve plus talentueux et qui a plus fait ses preuves que la chanteuse soul – Pete a l'habitude de planter les orgas, et était pas loin de le faire étant donné sa condamnation pour possession de coke très récemment. Mais non il est là, devant nous. Certains disent qu'il a de la sensibilité (peut-être, il a exigé une visite privée dans le musée Arthur Rimbaud à la suite de son concert lui-aussi, fasciné et attentif d'après la gazette du festoch...) du charme, de l'émotion et beaucoup de coeur dans sa manière de jouer et de chanter, un homme blâmé et incendié par les médias qui ne diagnostique uniquement sa quantité d'alcool et de stupéfiants dans le sang plutôt que sa musique. D'autres disent juste que ce mec est une imposture, que jouer avec sa guitare comme un pote bourré qui peut plus lâcher ça vaut pas un cachou de malade. Perso j'ai trouvé ça... chiant et décousu (des danseuses classiques se ramènent on sait pas ce qu'elles font là...). Ouais c'est compliqué de se ramener avec sa gratte et de distraire les foules pour une bonne heure. Bien pour les fans des Libertines et des Babyshambles puisque en plus de jouer des morceaux de son album solo Grace/Wastelands (2009), reprend des morceaux de ses anciens groupes (et une petite reprise de Amy Winehouse pour lui rendre hommage). Mais pour le spectateur qui n'aime pas plus que ça...

http://10000visions.cowblog.fr/images/Lives/60872910424fd3e9be10z.jpg- NOFX ira remédier au chiant de Pete Doherty sans effets spéciaux mais avec beaucoup d'énergie punk mélodique. Pas grand fan des studios, ce concert m'a tout bonnement survolté ! On a beau ne pas aimer la simplicité du registre des américains, mais là c'est tout de même le lineup original - Fat Mike, Eric Sandin et Eric Melvin avec en plus El Hefe – mais ça joue et rigole bien. Les titres ne dépassant pas plus de 3 minutes s'enchaînent entre des private jokes totalement improvisées par les membres du groupe qui se coupent la parole tout le temps, avouent qu'ils sont un peu trop alcoolisés pour jouer. Ça oscille entre Reggae et Hardcore et le public est déchaîné puisque beaucoup attendait la prestation des ricains, très loin de l'agressivité du Punk, un clin d'oeil au ska dans un climat totalement cool et fêtard. Après un classique Champs-Elysées à la sauce no effects, un gars me souffle plus fort que Fat Mike dans les oreilles que c'est uniquement le 2e concert du groupe en France parce que c'était des branleurs qui ne faisaient jamais de tournées, ils viennent et ils se cassent direct. Même si il a joué un peu le marseillais (NOFX étant passé à Strasbourg, Lyon, au hellfest et dans pas mal de festivals frontaliers ces dernières années) ce type n'avait pas tort sur le fait qu'ils soient rares à voir, quand même imprévus et qu'ils ne doivent pas préparer grand chose. En tout cas, ça se sentait dans ce bon moment loin des sentiers intellectuels, on laisse les neurones au vestiaire et on se laisse aller par NOFX, normalement ça le fait ..

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C'est au tour de The Shoes de prendre la relève suivi de The Rapture et Beataucue (…) pour terminer la 2e journée en éléctro.

DIMANCHE 28 AOÛT

- Manquer Eddy Louis, Pigalle et Mademoiselle K ne vont pas me tuer (même si les deux premiers dépotent en live à ce que j'ai entendu), Têtes Raides valait le coup. C'est le genre de groupe que j'écoutais en primaire et qui, forcèment, ranime beaucoup de souvenirs en moi (Que ce soit leurs clips kitsch ; Mon Slip, Civili, J'men Fous) et puis si on passe sur les moments un peu mode ringard français (Latuvu) le tout est plaisant et les Têtes Raides c'est pas de la variétoche née de la dernière pluie. Des gens plus tout jeunes, un bon flux artistique (talentueux, engagé, aux allures comiques), qui ont collaboré avec pas n'importe qui (Noir Désir, Yann Tiersen) et puis y a ce Christian Olivier au sein d'une grande troupe qui sait chauffer un public de sa voix reconnaissable parmis 100. Grâce à cette tête d'affiche, la fête à neuneu du dimanche (5 euros la soirée pour du français) a lieu mais pas trop ringarde comparée à d'autres artistes qui pourraient y avoir.
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- Et je dis ça surtout avec la présence de Stupeflip ! 5 ans que je les écoute, complet à Nantes et là c'est l'occasion ou jamais de voir leur Freak-Show tant attendu. Donc je me place bien dans la fosse, les gens sont masqués (marqués par 3 jours de festival arrosés aussi) et s'impatientent pour le Stup tout autant que moi. C'est alors que la nuit est tombée et résonne les samples de l'invasion. Les musiciens sous des robes de bures s'avancent comme des moines sur la scène, d'un air mystique à la manière de Ghost. Et paf on nous balance Les Monstres, ça fout limite les jetons. Le décor, les gens, les textes, la musique enfin bref on est pas là pour rigoler pour l'instant. Arrivent peu à peu Cadillac avec son espèce de casque/chapeau qu'il porte sur le clip de Stupeflip Vite, aidé de ses accolytes. Entre les morceaux deux visages terrifiants respectivement rouge et vert projetés sur les entrées aux rideaux noires, racontent l'histoire et les péripéties du crou tour à tour. Le spectacle s'enfonce dans son allure hallucinante et son côté horreur à en faire chier les artistes de la Biennale alors que King Ju arrive, ultra-acclamé par le foule. Après Mon style en Crrr, Hater's Killah, King Ju, T-shirt Humilié barré et sa demi-cagoule va s'assoir sur un tabouret, comme puni, et va raconter son Spleen des Petits qu'il a vécu en primaire et qui fait aujourd'hui ce qu'il est, mensonge ou pas. Après avoir visité les principaux thèmes des textes du Stup (pourquoi tu dois adorer stupeflip parce que c'est trop de la balle et que c'est pas n'importe quoi avec des titres comme l'éponyme, ou l'enfance) c'est au tour des mecs d'NRJ de se prendre une claque !

Julien transformé en Pop-Hip et son air ringard est là pour symboliser la médiocrité de la musique actuelle, enchaînant un Gaëlle toujours aussi dansant et J'Fume Pu D'Shit dans une version rock'nRoll ainsi qu'un Pop Hip's Revenge un peu moyen. D'autres ringards l'accompagne avec des boîtes à rythmes. Comme tout le monde a compris le principe, le public lui demande de fermer sa gueule et lui balance des trucs oh ! Une pièce de 10 centimes ! Une balle de tennis ? Et le claviériste l'interroge – Ben dis donc c'est pas mal ta chanson Pop-Hip ?! - ouais j'ai trouvé ça pas mal aussi avec son air de poussin agressé. C'est alors que ce même gars le flingue comme le prescrit le formidable dernier disque Hypnoflip Invasion. L'épouvantable Epouvantail revient sur scène et se permet un peu de provocation gratuite en coupant l'intro lancée par le Sampler Attends ! Charlevilles Misère Regardez vous .. vous êtes accollés.. on dirait DU BETAIL !! Est ce que vous êtes du bétail ?? [mélange de oui et de non] bon... faudrait vous mettre d'accord hein, c'est oui ou c'est non ! […] est ce que vous écoutez de la merde ? - Noooon ! - Est ce que Stupeflip c'est le meilleur groupe de France ?
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Bref on a le droit à un Stupeflip Vite !!! tout simplement épique, un des morceaux que j'attendais autant que le groupe lui-même et le seul défaut de ce show si ce n'est qu'il a un peu ralenti et qu'il est tout bonnement trop court ! Il est déjà 22h 04 et j'ai pas vu le temps passer avec tout cet enthousiasme. La brigade s'en va et revient pour un beau rappel. King Ju vient s'adresser à la foule Je suis un responsable... Il me faut ma veste de responsable. IL ME FAUT MA VESTE DE RESPONSABLE !! se fait vêtir d'une veste de costard avant d'appeler son camarade Mc Salo qu'il annonce chaleureusement, ce dernier arrive en mode nain de jardin avec une moustache à la Mario. Et ensemble ils lancent un A BAS LA HIERARCHIE énormissime pour terminer le spectacle. Pendant tout le concert c'était incroyable de voir à quel point le public pogotant et énervé cultivait le mythe crée par ce groupe depuis 10 ans et connaissait les paroles et les légendes par coeur, si bien que Julien Barthélémy (qui a avoué ne pas aimer se produire en concert) donne à la moitié de ses vers le micro au public. Et c'est sur ce morceau que des paroles d'anthologie du genre Tu te crois supérieur parce que t'es mon supérieur ? Espèce de Batard je vais te PETER le postérieur ! qui se produiront. Ça se termine, King Ju monte sur une estrade comme pour réciter une leçon qu'il ne connaît pas devant une classe qui l'humilie (véridique, le public jouant le jeu l'insultait à mort). Et il déclare d'une manière candide Je voudrais tous remercier d'être venus si nombreux nous voir... et aussi d'aller bien vous faire mettre ! Il faut connaître les albums studios et la culture du CROU, parce que des trucs faciles exaspèrent les gens et le niveau musical est beaucoup moins bon. Mais Stupeflip n'a décidément pas perdu de son âme de branleur, je m'en foutiste et comique mais aussi de sa créativité fascinante qui a donné vie à ce style de concert passionant qu'il faut absolument vivre.

A l'année prochaine pour une nouvelle édition je pense bien.

Photos : merci à Julien Mille, Luc Planson allias Panda' Graphie et Hervé Dapremont (de l'association Dark Room), Po-L, Trust Gothly  pour leurs belles illustrations ;)

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