10000Visions

10, 000 Chroniques de Disques, Lives & autres.

Mercredi 9 mars 2011 à 20:00

http://10000visions.cowblog.fr/images/Pochettes/AncestorsOfSoundMind1.jpgAncestors - Of Sound of Mind (2009)
Par Brieuc
Je comptais vous parler de ce superbe disque avec le bonheur de voir le groupe - qui l'a enregistré -  au HF.. mais ils viennent d'annuler leur venue avec beaucoup de regrets pour ma part.. même si ils comptent revenir en Europe avant la fin de l’année. « C'est ce qui pourrait s'apparenter à du Pink Floyd si Roger Waters avait été un métalleux » c'est directement ce qui m'a attiré vers ce groupe américain qui nous vient de Los Angeles, très peu connu en France malheureusement (et puis il y a cet artwork sublime signé Derek Albeck). Les débuts de ces ricains se faisaient en 2006 sous forme de trio composé de Justin Maranga, Nick Long et Brandon Pierce, respectivement à la guitare, basse et batterie qui insistait pas mal sur les jams. Le groupe se vit rapidement recevoir deux nouveaux membres à quelques mois d’écarts, Chico Foley (maintenant remplacé par Matt Barks aux synthés, Moog, Mellotron) et le virtuose Jason Watkins qui imposera son orgue et ses compos de piano. On sent tout de suite leurs inspirations, leur musique est principalement un Stoner très lourd, éclairé par de petites touches psychédéliques à la sauce progressive. Ajoutez à cela un Doom qui renforce leur style de prédilection et qui leur permettent de vociférer sur certains moments peu appropriés.
 

Je prends par exemple la sublime The Ambrose Law et ses intenses 13 minutes qui clôturent l'album. Le chant très discret poursuit la ligne de guitare constante qui introduisait le morceau bercés par l'orgue Hammond, la basse jouant quelque chose de totalement différent qui se fait surtout entendre lors du sublime solo de guitare par Justin vers 1 minute 30 qui s'étire jusqu'à la 3e minute avant que le tempo ralentisse. Tous les instruments jouant à l'unisson sur les breaks afin de poursuivre sur ce tempo beaucoup plus posé mais moins léger où le chant devient gueulard 3 minutes durant et le mellotron de Matt prend place. Après une belle montée en crescendo, le morceau reprend son rythme de départ les paroles modifiées et un aboutissement différent pour la 7e minute. Le chant se transformera en vocifèrement, qui est là pour bien rappeler que les Ancestors sont là pour faire du métal et qu'ils sont inspirés par le Doom, ce qui est légèrement dommage. Mais dès la 8e minute, ils nous font rêver pendant près de 5 minutes jusqu'à la fin du morceau, en faisant ressortir une très grosse touche Floydienne en laissant la guitare se lanciner à la Gilmour sur les mélodies de ses compères pour donner quelque chose d'émouvant, de magnifique. 

The Ambrose Law est l'une des 4 « grosses » compositions du morceau, car l'album Of Sound of Mind est constitué de plus ou moins courts morceaux instrumentaux et à base de claviers ou d'effets variant de 1 à 6 minutes alternant avec ces longues écritures.


 http://10000visions.cowblog.fr/images/Pochettes/220pxAncestorsNeptuneWithFirecover.jpgParce que oui, les Ancestors rendent bien hommage à leurs ancêtres et n'ont pas peur d'étirer leurs morceaux du mieux qu'ils peuvent (ce qui n'est pas juste une qualité en soit, mais ça me plaît),  et ils le prouvaient déjà dans leur premier EP Neptune with Fire (2008). Ce premier EP proposait deux très bons morceaux. Un de près de 17 minutes Orcus’ Avarice dont certains reprochent une introduction plagiée de Gardenia avec des petits effets guitares à la 6e minute passionants puis passe à un registre presque free jazz très expérimental, ainsi qu’un autre portant le titre de l’album avec quasiment 22 minutes magnifiquement développées. C’était donc un concept sur des personnages métaphoriques (à savoir Neptune sur le morceau-titre et Orcus sur la première piste) et raconte leur voyage psychologique et « cosmique, écrit comme une personnification immortelle de l’homme mortel. Avec ce discours compliqué était accompagnée cette belle pochette dessinée par Arik Roper qui rappelle fortement les vieux disques progs d’où une forte influence de ce mouvement pour le groupe.. je me suis permis de vous faire une rapide chronique de cet EP afin de ne pas y revenir, car je ne pense pas avoir beaucoup de choses à redire à propos de celui-ci.

Ancestors - Orcus' Avarice [16:48]


From Nothing constituant de petits bruitages que l'on pourrait comparer à Speak to Me sur DSOTM annonce la douloureuse Mother Animal dans laquelle ressort le plus le Stoner que veut imposer le groupe, car le chant se rapproche énormément de Mr. Garcia du Kyuss. Après 3 lourdes minutes, on  laisse cours à quelques cours à quelques délires instrumentaux portés par la guitare avant que l'orgue vient calmer tout ce petit monde pour rendre un moment très mélodique, très posé pour revenir à la lourdeur du début. Comme une opposition entre le lourd et le mélodique, car pendant ses 14 minutes on à le droit à une alternance entre ces deux parties qui se cherchent avant de se trouver pour fournir un sublime final où ils se mettent d'accord. Le groupe veut aussi montrer qu'ils ont un claviériste d'exception, Not the Last Return et les 6 minutes de Challenging où celui-ci a carte blanche pour interpréter longuement ses compositions de piano et ne faisant ressortir que quelques notes de guitare acoustique sur le second. Et puis il y a A Friend conçu par des effets cosmiques qui fournissent la touche Space Rock donnant le Prog de la chose. Ces mêmes effets se poursuivent sur The Trial qui n'a aucun aucun rapport avec le morceau de leurs maîtres.

http://10000visions.cowblog.fr/images/Decouvertes/2830photoAncestors.jpg
 C'est sûrement sur ce morceau que le talent des américains à savoir progresser dans leurs morceaux, avec un niveau technique incroyable. Il est donc concis en 2 grandes parties, l'une de 11 minutes s'improvisant dans un psychédélique passionnant et fascinant avant d'enchaîner avec un Stoner précis que l'on ne peut pas écouter sans le comparer encore une fois à Kyuss... pour redonner un rythme semblable à celui du début de Mother Animal qui terminera le morceau par une basse vibrant de tout son saturé pendant 2 minutes et de reprendre les petits effets qui l'ont démarré. 

Je ne m'attarderais pas sur Bounty of Age qui a le droit à sa petite touche de beauté causée par la ligne de basse très mélodieuse, et qui encore une fois progresse et alterne passages tantôt violents tantôt doux, le tout étant d'une rare finesse surtout grâce à un sublime solo de guitare. 

Même si Ancestors a une grande tendance à vouloir rallonger leurs morceaux au maximum possible, ce qui peut écœurer certains, on sent quand même la motivation à vouloir faire renaître les cendres de leurs ancêtres, ceux sans qui ils ne seraient pas là. Mais au lieu de copier un peu partout, ce qui pourrait être le bilan de cette écoute, ils ont crée une sorte de fusion insolite à la croisée de Pink Floyd ou King Crimson et de Kyuss ou Neurosis  qui respectivement apportent la finesse et la mélodie progressive et  psychédélique opposées à l'excellent lourd Stoner. Ce qui donne un improbable mélange qui sonne juste avec des compositions construites de toutes pièces par des musiciens d'exception peut-être parfois inégales mais toujours passionnantes soulevées par de belles paroles contemplant les difficultés de psychologie humaine et ses effet sur le développement de société moderne..  Parce qu'une chose est sûre c'est qu'il y a de la matière dans ce qu'ils font et que leur boulot mérite bien d'y jeter une paire d'oreilles. 

On se retrouve à la sortie de leur prochain EP enregistré et masterisé, Invisible White.

Ancestors - Mother Animal [14:32]

Ancestors - The Ambrose Law [13:32]



Lundi 31 janvier 2011 à 17:00

Rétrospective 2010 #6
http://10000visions.cowblog.fr/images/Pochettes/BloodoftheEarth.jpgHawkwind - Blood Of The Earth (2010)
Par Brieuc
Honnêtement, qui se souvient encore de Hawkwind ? Pas beaucoup de gens malheureusement, le premier groupe de Lemmy de Motörhead reste pourtant selon moi l'un des plus grands groupes que la planète progressive n'ait jamais connu. Ou plutôt, le groupe de Dave Brock (seul membre permanent et fondateur au fil des années). Plus de 40 ans de carrière, malgré les hauts, les bas, les changements de nom - le groupe s'est fait appeler Psychedelic Warlords en 1995 mais surtout Hawklord pour une année afin enregistrer sans procès le formidable 25 Years On (1978) qui glissait un poster représentant la formation tumultueuse après 10 années actives bordéliques malgré les studios généralissimes comme l'éponyme de 1970, In Search of Space (1971) Warrior on the Edge of Time (1975) et un de mes disques préférés, un chef d'oeuvre incontournable : Hall of the Mountain Grill (1974) [Lire la chronique] je ferme cette parenthèse aussi bordélique que l'historique du Line-up du groupe – ...
 
mais Hawkwind c'est aussi une vingtaine de Studios plus ou moins bons, car le groupe a aussi su déçevoir (en 40 années de carrière c'est normal vous me direz). Et aussi cette puissance qu'il dégage en live, danseuses orientales en avant-scène et projections filmiques afin de renforcer l'aspect scénique de montrer leur talent. (Ritual Space (1973) restera le live parmis une dizaine qui reste indémodable, un double sensationnel). Et justement je m'étais dit de ne pas trop me pencher sur la carrière actuelle du groupe, me disant que le changement de formation depuis 1974 a dû le faire flancher dans un style technologique méprisable … Là je vois en cette journée splendide du 20 novembre 2010 lors des secondes annonces du Hellfest, que la bande à Dave Brock passera à mon festival de prédilection lors de la dernière journée ! Que de bonheur évidemment, même si on va pas tarder à arrêter de vous faire des salades sur le HF à chaque chronique de disque.
 
Blood of the Earth est donc pour le moment leur dernier disque, tout juste attirant par sa formidable édition vinyl aux 2 disques bleux, la pochette envoûtante et rassurante pour ne pas dire un peu kitsch et un bon gatefold. Nawel m'a permis de le possèder, posé maintenant sur la platine et tournant en boucle. Trois morceaux par face, c'est parti :
 
La 1ère face est talentueusement introduite par Seahawks. Après quelques voix radiophoniques « I Would become the Master of Universe » répété à maintes reprises, s'installe la batterie de Richard Chadwick sur la basse de Mr Dibs qui laisseront un rythme monotone pour donner libre cours dans un premier temps à des effets bizarroïdes rappelant toujours ce pourquoi le charme de la musique du groupe le qualifie de Rock Cosmique, le synthé d'un son agressif tel un orchestre de violons stridents nous claque et la guitare de Brock improvise son psychédélisme jusqu'à attendre une ligne d'accords portés par sa voix très discrète.
 
Dès l'achèvement de ce morceau inquiétant, on pénètre dans les 3 minutes planantes du Blood of the Earth, dont les voix sont assurées par Matthew Wright (un présentateur TV anglais). S'en suit Wraith qui provoque une rupture dans notre écoute, et redonne le son d'Hawkwind, ce son unique. Cette voix très écho, cette batterie ultra énervée, la guitare saturée et les solos de synthétiseur plus ou moins impressionnants guidés par les effets cosmiques. Le morceau paraît très long par ses 6 minutes écrites par le claviériste Tim Blake et Niall Hone (guitares, basses, clavier).
 
La 2e face reste celle qui a le plus tourné. A commencer par cet émouvant voyage dont les effets sont portés au summum de leur beauté grâce à son instrument rappelant vaguement le mellotron et le guitariste jouant quelques notes si bien choisies dont sort une beauté renforcées par différents synthétiseurs et modulateurs de son. J'ai nommé Green Machine (qui n'a pas plus de rapport avec le morceau de Kyuss que Wind of Change en 1974 à celui de Scorpions..), composé par Niall Hone en personne, à qui je dois tout mon respect. Le meilleur morceau de ce studio reste Inner Visions écrit par Blake, qui dégage un son très oriental avec des mélodies très familières et l'intégralité des musiciens amplifient une fascination de l'auditeur face à leurs instruments respectifs. Un passionant et envoûtant morceau...
 
On reste bien loin de la subtilité de la voix du précédent morceau montant tout en crescendo pour chanter son refrain éponyme, malgré son pompier ressortant qui rappelle aussi qu'Hawkwind et son leader compositeur du morceau Brock, a su aussi être un peu lourd, car le morceau a été enregistré pour son album solo Earthed of the Ground (1984). Sweet Obsession est tout de même riche musicalement même si un peu poussif. En revanche (et je suis peut-être le seul), les paroles ressortant de la voix habituelle, me rappelle sur un moment régulier le ton de David Gilmour et Roger Waters sur Brain Damage : I received your letter though the information's clear, I want to keep the feeling going, not let it disappear qui peut (mais vraiment presque pas) coincider avec And if the dam breaks open many years too soon and if there is no room upon the hill, and if your head explodes with dark forbodings too : I'll see you on the dark side of the moon mais vraiment vite fait.
 
Comfy Chair est rassurante, très douce avec une voix grave s'imposant posément sur une atmosphère inter-galactique soutenue par un violon omniprésent et un Orgue Hammond venant s'ajouter vers le final de cet excellent morceau. Prometheus ne l'est pas moins, car développe de son côté une ambiance indienne très exotique par la sitar l'introduisant. Un de leurs morceaux les plus efficaces en live, qui provoque la plupart du temps la venue de deux danseuses du ventre pendant que les guitares nous fait vibrer avec une voix très mélodieuse. La 3e face pourrait bien être la meilleure rien que pour ces deux morceaux sensationnels.
 
Moins original que ces merveilles, Dave Brock a choisi de remettre le classique You'd Better Believe It qu'on avait déjà entendu sur le chef-d'oeuvre Hall of the Mountain Grill très véloce pendant 3 minutes où tous les musiciens se déchaînent sur leurs instruments puis rentre dans une partie instrumentale de deux minutes et demie où les différents claviers, les machines inconnues outro-space et la guitare spatiale font une alliance d'une efficacité incroyable puis monte en crescendo jusqu'au refrain très sympathique You'd Better Believe It, It's so Easy to Say ! Et la fringante mélodie guitariste terminant le morceau.
 
Sentinel est de son côté très mélancolique voire émouvante sur le solo de guitare, lourde qui donne un sentiment d'achèvement à ce périple progressif qui se complète par deux très bons morceaux bonus présents sur certaines éditions : l'excellent instrumental Starshine et la relativement courte Sunship. L'édition limitée CD offre également un disque live, avec des interprétations de Space, Angels of Death, Levitation... ainsi que d'une formidable reprise du Dieu Syd Barrett, Long Gone.
 
Blood of the Earth fait renaître l'esprit cosmique des anglais d'Hawkwind qui avaient tenté de se pencher trop vers l'expérimentation sur leurs deux opus précèdents Take me To Your Leader (2005) / Take Me To the Future (2006). Cette fois-ci ils savent expérimenter tout en sauvegardant la fascination et l'attention de l'auditeur quant au psychédélisme des progressions effectuées par tous ces effets spatiaux-temporels portés par des instruments outro-space que personne ne saurait décerner et cette guitare sensationnelle de Dave qui sait toujours nous émerveiller. Ou comment réussir à tenir tête à son groupe, en continuant à faire vivre l'esprit d'une musique maintenant quadragénaire à la fois sauvage, riche et planante.
 
Hawkwind - Green Machine [4:05]
Hawkwind - Inner Visions [4:30]
Hawkwind - Prometheus [5:46]

 

Samedi 22 janvier 2011 à 22:38

Rétrospective 2010 #4
http://10000visions.cowblog.fr/images/Pochettes/BlackAngelsPhospheneDream.jpgThe Black Angels - Phosphene Dream (2010)
Par Brieuc
Black Angels restent l'un des groupes les plus encourageant dans le psychédélisme actuel. Oh oui languissons nous sur le sort de Jim Morrison et de son groupe, 13th Floors Elevator, des Jefferson Airplane, Janis Joplin et tous les autres pour ne pas citer Velvet Underground, dont ils ont copieusement saisi le nom du morceau The Black Angel's Death Song dans l'album à banane avec Nico. Ou plutôt penchons-nous sur ce nouvel aspect du rock psyché, les Black Angels sont là pour donner une nouvelle vision du genre, fraîche, agréable à écouter et jamais trop prise de tête lorsqu'on est assez tolérant et qu'on sait planer.

Phosphene Dream renoue d'avantage avec l'accessible, parce que leur deuxième opus deux ans auparavant (Directions to see a Ghost (2008) ) l'était beaucoup bien moins quand on écoutait leur premier Passover de 2006. D'ailleurs je me souviens de cette mémorable journée de l'été 2008 où j'ai découvert le sensationnel morceau Young Men Dead figurant dans la bande-annonce du chef-d'oeuvre No Country For Old Men des frères Coen, qui m'a révélé l'excellence du groupe. C'était la minute Brieuc on s'en fout de ta vie. Sauf toi là-bas au fond, c'est sympa de ta part.

Cet esprit, cette ambiance, on la retrouve dès le début sur les Bad Vibrations - guidance in avoidance -, la guitare atmosphérique provoquant les mauvaises vibrations du titre, nous fait pénètrer directement dans l'univers angélique du groupe directement distingué par la voix sensationnelle de Alex Maas qui nous permettrait de reconnaître rien que par son timbre le groupe. Et n'oublions pas que les groupes de psychédélique les plus renommés sont ceux dont la voix est particulière et facilement reconnaissable. Vers la 3e minute et 20e seconde, le morceau subit un violent changement de rythme par un cri d'Alex puis clame Inside, Outside en fond de manière incompréhensible.

De quoi bien démarrer son voyage, terminus de la face A : River BloodTranfusion, Confusion - après une entrée un peu laborieuse laisse les effets crées par les différents claviers sur les paroles bien élaborées. De quoi reprendre son souffle après un trip passé par les destinations accédées par le Yellow Elevator #2mankind's rebirth – ouvert par la mené tambour battant par la basse de Kyle Hunt et la batterie de l'icône féminine du groupe (Stéphanie Bailey) répétitifs toujours nuancées par la voix, les quelques accords d'orgue et les notes douloureuses de la guitare de Christian Bland... encore un changement de rythme mais cette fois-ci très agréable avec une transition vers un moment très posé vers 2 min 44 qu'on retrouvait par petites touches durant le morceau... puis pour être invité à un Sunday Afternoon très rythmé qui rappelle un tantinet les Kinks (même si je ne suis pas fan) par les paroles festives. Enfin il y a cette 2e piste courte, particulière, joyeuse et étonnante : Haunting at 1300 Mc Kinleyan uncomprehensible occurrence -.

5 morceaux passés, 5 à venir. On re-plane immédiatement dès les premiers sillons de la face B sur Entrance SongReveals a new perspective – qui laisse la guitare introduire cette chanson que j'adore en majeure partie grâce à sa structure. Le titre éponyme – describes kaleidoscopic visions - quant à lui est défoncé plus que jamais. Telephonedeals with numbers – est sous acide sur les paroles, mais le ton est bien sympathique. True Believers - explains the new direction - de son côté est transporté par quelques aspects orientaux (avec un harmonium par exemple je crois) et ce brillant moment de Trans qui démarre vers la 3e minute avec Sitar, harpe électrique... et enfin il y a ce final The Snipera warning to prepare pt 2 – qui se doit de terminer par un garage blues rock excellent un trip fascinant parfois lancinant mais la plupart du temps passionnant et agréable à écouter maintes et maintes fois...

Aussi je ne pourrais pas parler de cet album qui s'avère être ma plus grosse claque musicale 2010, sans faire l'éloge de cette magnifique édition galette noire (par rapport à une édition CD gaufrée) procurée par ceux à qui je dois déjà de m'avoir mis au monde au gatefold sublime très coloré et riche en caractères, avec les dessins de Wes Wilson dans un gros livret recueillant les paroles, et qui produisent des effets d'optiques étonnantes ! Cette pochette et cet artwork sublime que l'on doit toujours à Christian Bland (guitariste) qui ne font que renforcer l'aspect psyché du truc, qui met à jour ce genre extraordinaire et qui mérite d'être encore d'actualité. En plus de ça, Adam Detri se charge de réaliser des petits films projetés sur scène lors de leurs concerts. Les Black Angels restent pour moi l'un des meilleurs groupes du moment parce qu'ils sont forts sur le plan musical (c'est impressionnant de voir qu'un membre du groupe peut toucher à une basse, une guitare, un harmonium, des orgues Vox, Air et Mark VII ou à une harpe électrique automatique avec autant de finesse et de simplicité. et D'ailleurs je vais voir les Texans le 12 Février à l'Olympic, histoire de compléter mon voyage psyché que je vous invite fortement à vivre.

The Black Angels - Bad Vibrations [4:27]

The Black Angels - Entrance Song [3:39]

The Black Angels - True Believers [4:33]


(le clip est juste amusant, mais on voit tous les membres du groupe à un comptoir donc...)

Mercredi 25 août 2010 à 20:30

http://10000visions.cowblog.fr/images/Pochettes/hawkwindhallf.jpgHawkwind - Hall of the Mountain Grill (1974)
Par Brieuc
Avant d’officier en tant que mentor et bassiste/chanteur du génial groupe Motörhead, faut pas oublier que Ian ‘Lemmy’ Kilmister a joué de son instrument dans un groupe britannique considéré comme Prog, mais qui évoluera logiquement vers l’éléctronique puis le mouvement techno mais influencera pas mal la vague néo-psychédélique. Selon mes opinions, la meilleure période de Hawkwind se situe entre l’arrivée et le départ de Lemmy en 1975, viré parce qu’il n’était pas tellement dans le trip psychédélique du groupe.

 Nik Turner a fait pas mal d’efforts, même quand il s’est de plus en plus penché vers le planant mais n’égalera jamais ce qu’il a fait avec ses compagnons dans les premiers albums, tels que In Search of Space (1971) avec le succès commercial du 45 tours Silver Machine chanté par Lemmy en personne. Mais aussi avec le double album live prodigieux Space Ritual (1973) qui va venir immortaliser les énergiques prestations scéniques du groupe avec textes hallucinés déclamés par le poète Robert Calvert et l’auteur de science-fiction Michael Moorcock ou encore participations de la danseuse Stacia (aux seins nus, on voit du coup de quel point Lemmy est parti pour mettre maintenant des strip-teaseuses pour quelques uns de ses concerts avec Motörhead) au point d’en faire un spectacle total.

Après une légère déclination, le groupe se ressaisit très vite avec ce qui est pour moi leur meilleur album Hall of the Mountain Grill en 1974 considéré comme le meilleur album de la carrière du groupe britannique. Peut-être le plus abouti, le moins sauvage et même le plus planant du groupe. The Psychedelic Warlords donne le ton de l’album avec un Rock sauvage illuminé par le saxophone de Nik Turner. Mais ce n’est pas le meilleur s’en suivent des morceaux de différentes mentalités. Même si You’d Better Believe it reste dans la veine du premier morceau avec 7 minutes d’énergie considérable. De mon côté, le morceau qui m’a révélé Hawkwind reste et restera toujours le morceau titre, court mélancolique et atmosphérique instrumental composé par le nouveau violoniste/claviériste Simon House où une ligne de piano accrocheuse se fait accompagnée par une montée en puissance du mellotron. Incroyablement magnifique.

Wind of Change (aucun rapport avec le morceau de Scorpions) est également magnifique, un violon aérien s’échappe d’une mer de chœurs et de Mellotron pour accoucher d’un pur ovni. J’associe souvent le génial D-Rider au morceau terminant la 2e face, c'est-à-dire Paradox car les premiers accords de guitares se ressemblent énormément pour ne pas dire qu’ils sont identiques. Lemmy joue exceptionnellement de la guitare sur Lost Johnny où l’on peut déceler la puissance de Lemmy qu’il exercera par la suite dans son groupe avec sa basse imposante de ce dernier et sa voix (qui s’est métamorphosée par la suite, mais qui est très reconnaissable par moments, notamment dans ce morceau).

C’est du Rock purement cosmique, toujours planant (de courts instants comme dans le morceau Goat Willow avec l’orgue de Dave Brock), d’excellents musiciens sachant alterner leurs instruments habituels avec des claviers ou d’autres bidules pour rendre leur musique totalement unique, modifiant leurs voix et testant de nouvelles techniques, utilisant du synthétiseur récent sans faire kitsch et mettant des effets rappelant Klaus Schutze, le tout accompagné d’une batterie impressionnante de Simon King. Un disque novateur, mais pourtant discret.

Hawkwind - The Psychedelic Warlords [3:40]

Hawkwind - Wind of Change [5:08]

Hawkwind - D-Rider [6:14]

Hawkwind - Hall of the Mountain Grill [2:14]


Vendredi 4 décembre 2009 à 22:47

http://10000visions.cowblog.fr/images/Pochettes/anthrax.jpg
John Cale & Terry Riley - The Church Of Anthrax (1971)
Par Brieuc
Si il y a bien un album non très connu à écouter dans sa vie par n'importe quel moyen, pour moi ce serait bien The Church Of Anthrax. Il a été enregistré en 1971 par le très grand Terry Riley, compositeur comtemporain dans la veine de Pierre Henry et des Pink Floyd. Il est accompagné par un très bon musicien, ex-chanteur des Velvet Underground (non pas Lou Reed bande de suspicieux, mais ous l'avez deviné) John Cale. Il joue de la contrebasse, du piano, de l'orgue, de la guitare, du violon, des claviers ou encore du cymbalum. Artiste complet quoi, tout comme Terry, qui lui joue de l'orgue, du clavier et du saxophone.

  Ce disque m'avait été offert par mon papou, le 21 novembre dernier (un roux est né). C'était mon disquaire (un des seuls disquaires sympatoches de Nantes), qui m'avait fait écouté ça après une bonne petite découverte d'un Pierre Henry.
  Le disque m'a plu d'emblée par le premier morceau "Church of Anthrax" morceau titre de l'album qui constituera en majeure partie la réussite de ce disque assez mémorable. Il s'agit d'un morceau oscillant entre Psychédélique et contemporain par une basse très imposante comme on en a jamais vu et des claviers qui méritent d'être inscrits dans l'histoire du rock Psyché. Un véritable bohneur de 9 minutes, qui me ravi chaque fois que je l'écoute. Le morceau est long, intense, la batterie puis le saxophone donnent encore plus d'ampleur au morceau. Le morceau autitre éponyme de l'album était le seul que j'avais écouté et j'ai pris le risque de demander l'album pour mon anniversaire, qu'il soit bon ou non, rien que pour le premier morceau.

  Je vais être obligé de procéder Morceau par morceau,car l'album en possède 5. Le deuxième se nomme "The Hall Of Mirrors In The Palace At Versailles" morceau de 8 minutes assez intense par sa ligne de piano répétitve mais qui centre le morceau. Quelques cuivres un peu bizarres dont du saxo accompagne le morceau. Une très bonne suite, plus expérimentale mais qui termine la 1ere face avec pas mal de talents.

  Le troisième morceau qui démarre la seconde face, est un morceau écrit par John Cale "The Soul Of Patrick Lee", seul morceau lyrique, chanté par un certain inconnu appelé Adam Miller. On a bien l'impression qui chante faux au début, dailleurs c'est pas qu'une illusion, il chante vraiment faux mais après le morceau prend une certaine beauté et Adam chante nettement mieux dès la 10e seconde et c'est assez magnifique. Il se démarque un peu des deux parties de l'album. L'une Expérimentale/Psyché et l'autre Rock/Rythm/Prog. Parlons brièvement donc de cette deuxième partie qui constitue deux autres morceaux quasis identiques mais tous les deux aussi excellents. "Ides Of March" chanson centrée sur la longueur et la répétition qui inclue piano, batterie et tout le tralala. 11 minutes de musiques très bonnes mais quoiqu'un peu pénible vers la fin. Je préfère largement le court et dernier morceau "The Protege" vraiment génial, qui illustre en crescendo la grandeur de l'album par la guitare électrique la batterie et le piano. Elle finit par un larsen de 3 sec qui annoncera la fin de l'album
 
On a donc un excellent album enregistré par deux virtuoses de la musique psychédélique/Comptemporaine qui se décompose en deux parties de chacune deux chacune deux chansons. La partie Expérimentale/Psyché/Prog et l'autre Rock/Rythm. Le seul morceau qui se démarque de ces 4 morceaux est "The Soul of Patrick Lee" que je ne saurais classifier. Un excellent recueil à explorer au plus vite!



Playlist "The Church of Anthrax"

John Cale & Terry Riley - Church of Anthrax [9:05]

John Cale & Terry Riley - The Soul of Patrick Lee [2:50]

John Cale & Terry Riley - The Protege [2:52]



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